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▶ Doll : Hina Matsuri (ひな祭り)

Le 3 mars, c’est Hina Matsuri (雛祭り, ひな祭り), soit littéralement la fête des poupées ! Vous avez aperçu récemment par hasard des poupées japonaises aux alentours des temples, dans les devantures de certaines boutiques, les écoles ou bien chez vos amis japonais ? C’est normal, c’est pour célébrer cette fête, destinée en particulier aux petites filles. Il s’agit de leur souhaiter une bonne croissance, le bonheur et la santé. Cette fête remonte à l’époque Heian (平安時代).

Quelques jours avant et pendant Hina Matsuri, appelé aussi Momo no sekku (桃の節句, fête de la pêche) des poupées traditionnelles japonaises sont exposées pour protéger des mauvais esprits et de la malchance. Cette fête est célébrée dans la plupart des foyers, qu’il y ait une fille mariée ou non, mais aussi dans les écoles maternelles où les enfants sont pris en photos autour des poupées. Les enseignants préparent pour chaque classe et le personnel du zenzai (ぜんざい), offrent des hina arare (ひなあられ) et pour le déjeuner le chirashi sushi (ちらし寿司) est choisi comme menu du jour !

Les poupées de la cour impériale

Les poupées Hina (ひな人形) sont posées sur des petites estrades à plusieurs niveaux. Ces poupées spéciales, appelées katashiro (形代), qui se transmettent parfois de génération en génération, sont rangées dans un carton tout le reste de l’année. Elles représentent des personnages de la cour impériale de l’ère Heian. On retrouve :
– l’Empereur (お内裏さま, O-Dairi-sama)
– l’Impératrice (お雛さま, O-Hina-sama)
– les trois domestiques, trois dames de cour (三人官女, san-nin kanjo)
– les cinq musiciens (五人囃子, go-nin bayashi) dont un chanteur

L’escalier sur lequel sont disposées les poupées est appelé hina kazari (雛飾り), il est recouvert d’un tapis rouge. Sur le niveau le plus haut, on retrouve l’Empereur à gauche et l’Impératrice à droite ; un paravent doré fait souvent office d’arrière-plan. Sur le deuxième niveau sont disposées les trois dames de cour portant des flacons de saké. Les cinq musiciens se tiennent sur la troisième marche.

Divers petits objets de décorations accompagnent ces poupées comme par exemple :
– deux lampes japonaises en papier (雪洞, bonbori) aux côtés de l’Empereur et de l’Impératrice
– du hishimochi (菱餅, petits mochi tricolores en forme de losange)
– des fleurs de pêchers (桃の花)

Il arrive de trouver d’autres personnages secondaires sur d’autres niveaux inférieurs. La quatrième étagère inclut souvent deux ministres (大臣, daijin) : le ministre de gauche (左大臣, sadaijin) représenté par une personne âgée (年配者, nenpaisha) et placé à droite, et le ministre de droite (右大臣, udaijin) représenté par une jeune personne (若者, wakamono) et placé à gauche. La cinquième est pour les serviteurs (従者, jusha) ou les gardes (衛士, eji).

Le hishi mochi (菱餅), douceur et symbole du Hina Matsuri

Bien sûr comme chaque fête qui se respecte, il y a des spécialités à boire et à manger ! Pâtisserie japonaise en forme de losange, on le retrouve parmi les décorations qui accompagnent les poupées, le hishi mochi est l’aliment de référence du festival !

Sa forme, adoptée ainsi depuis l’ère Edo, ferait référence à la fertilité. Il est généralement formé de trois couches de mochi colorés qui sont de haut en bas :

  • le rose, couleur représentant celle des fleurs de pêchers, pour honorer les ancêtres et être en bonne santé
  • le blanc, couleur associée à la neige et ses effets purifiants
  • le vert, couleur rappelant celle de la plante armoise (ハハコグサ) et ses bienfaits pour le sang

Selon la région, le rose peut être remplacé par du jaune, ou encore avoir 2, 5 ou 7 couches à la place. L’ordre des couleurs peut aussi différer. Dans le Kansai par exemple, le hishi mochi se présente sous 5 couches avec du rouge et du jaune en plus des trois autres couleurs principales.

Le hishi mochi est vendu dans les supermarchés et chez la plupart des fabricants de pâtisseries et confiseries traditionnelles japonaises.

Les autres spécialités du Hina Matsuri

Pour accompagner le hishi mochi, on boit traditionnellement du amazake (甘酒) ou du shirozake (白酒), boissons peu ou pas alcoolisées à base de riz, et on mange des hina arare (ひなあられ, biscuits à base de riz) et du chirashi sushi (ちらし寿司 bol de riz assaisonné devinaigre de riz sur lequel sont déposées des garnitures froides comme du sashimi de saumon, de thon, des tamagoyaki, du kamaboko, du concombre…).

Dans les supermarchés, à l’approche de l’événement, on peut trouver d’autres douceurs. Il y a par exemple les hina matsuri manju (ひなまつり饅頭), les manjus étant de petits gâteaux ronds et blancs, préparés avec de la pâte de haricots rouges enveloppée d’une pâte à base de farine, d’eau, de sucre et de fécule et cuits à la vapeur. Si les manjus classiques sont blancs, les hina matsuri manju se présentent sous trois couleurs différentes, soit celles du hishi mochi, rose, blanc et vert. On peut trouver également des pâtisseries fourrées à la pêche comme les hakuto kibidango (白桃吉備団子), de petites boules de gâteaux de riz sucré à la pêche.

C’est aussi l’occasion de manger du zenzai (善哉) pour le dessert ! Dessert japonais traditionnel consistant en une soupe sucrée de haricots rouges azuki et de shiratama (白玉, boulettes de mochi faits de farine de riz et cuits dans de l’eau bouillante), il est souvent consommé en automne et en hiver. Malgré son goût très fort en sucre, cet en-cas, en plus de réchauffer pendant les journées hivernales, éloignerait les maladies et les mauvais esprits. Il peut être vendu en sachet ou en canette (servie chaude).

Les festivités prennent fin le soir-même. Selon la croyance traditionnelle, il faut ranger les poupées le soir du 3 mars, sans quoi la fille de la maison ne pourra pas se marier pendant un an.


♫ Un article = Une chanson ► SCANDAL – DOLL

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▶ Rice & Sugar : La fabrication de mochi (餅つき)

C’est la fin de l’année ! C’est donc la période où l’on fait du mochi (餅), ce fameux gâteau de riz gluant que l’on retrouve dans certains desserts japonais. Il est considéré comme le réceptacle de l’esprit des divinités, c’est pour cela que les jours de fête, les Japonais se rassemblent pour piler du riz et en faire des mochi. Sa préparation assez longue avec des ustensiles spéciaux est une tradition qui se perd un peu mais qui a toujours lieu à l’approche et pendant les fêtes du Nouvel An dans les temples ou dans la rue, mais aussi dans les écoles maternelles pour initier les plus petits à la culture de leur pays tout en s’amusant.

C’est parti pour le mochitsuki (餅つき) ! Dans cet article, Kimi vous raconte son expérience vécue dans l’école maternelle où elle travaille !

Dans le mot mochi, on retrouve une autre signification : tenir ou avoir (持ち, mochi). C’est pourquoi depuis la période Heian il est mangé dans l’espoir de gagner la bonne fortune au cours de l’année à venir.

L’ingrédient de base du mochi est bien entendu du riz. Mais, il s’agit d’un riz différent de celui inclus dans les repas japonais, appelé mochi gome (糯米). A première vue, il ressemble au riz blanc classique, mais il s’avère en fait gluant et très collant une fois mélangé aux autres ingrédients pour fabriquer le mochi. Il est donc conçu pour le mochi ou d’autres gâteaux de riz. Le riz est d’abord cuit à la vapeur enveloppé dans un chiffon placé dans un panier à vapeur carré en bois (蒸 篭) ou dans une marmite. Le plus souvent, des kilos de riz sont répartis dans plusieurs paniers qui sont empilés les uns au dessus des autres. Le temps de cuisson estimé est d’environ 30 à 40 minutes.

On y ajoute ensuite du sucre et on mélange en écrasant dans un mortier traditionnel appelé usu (碓) et avec un gros pilon en bois, appelé kine (杵). À ce moment, il est important de mettre du poids et d’appuyer le riz gluant contre le bord du mortier et de l’écraser fermement jusqu’à ce les grains de riz commencent à former une pâte gluante et collante. Comme cela demande beaucoup de puissance et de rapidité, il est recommandé que deux hommes prennent les commandes.

On trempe ses mains dans l’eau chaude (car c’est très collant) et on forme une boule. Et on tape fort avec le pilon pour écraser et former le mochi. Cette étape se fait en binôme : une personne qui frappe le mochi avec le pilon et une autre qui remue le mochi avec de l’eau. Pour être rapide et efficace, il faut être bien synchro !

C’est aussi pendant cette étape de la préparation que dans les écoles, les plus petits peuvent s’essayer à la fabrication. Avec un pilon plus léger, ils frappent le mochi en scandant la chanson du mochitsuki :

ぺったん、ぺったん おもちつき (pettan, pettan, omochitsuki)
aplatir, aplatir le mochitsuki
美味しくな~れ、ぺったんこ♪ (oishikunare, pettanko)
il devient délicieux, aplati 

Le mochi bien formé d’une pâte visqueuse, à la machine ou à la main, on forme de petites boules que l’on trempe dans la poudre de kinako ou de la farine selon le mochi que l’on souhaite réaliser. Et on déguste ! Chaud ou froid, aussitôt après la préparation. Hum..! C’est bon mais attention à ne pas s’étouffer ! Bien sûr, il est également possible de conserver les mochi au réfrigérateur.

Si consommer le mochi tel quel ne vous tente pas, il existe de nombreux plats dans lesquels l’inclure et différentes façons de le consommer. Il y a par exemple :
Kinako mochi (きなこ餅) : mochi recouvert de kinako (きな粉, poudre de soja grillé)
Anko mochi (あんこ餅) : mochi accompagné de pâte de haricots rouges (つぶあん ou こしあん)
Mochi shoyu (餅醤油) : consommer simplement le mochi blanc en le trempant dans de la sauce soja
Zenzai (ぜんざい) : mochi dans un bol chaud de soupe de haricots rouges (あんこ)
Zoni (雑煮) : soupe de mochi dans un bouillon clair (dans l’est du Japon) ou un bouillon de miso (dans l’ouest).
Mochi soupe miso (餅味噌汁) : ajouter le mochi dans une soupe miso accompagnée ou non d’autres ingrédients selon vos goûts (œuf, légumes, algues séchées). Inventé, testé et approuvé par Kimi !
Agemochi (揚げ餅) : mochi frit et trempé dans de la sauce soja auquel on colle enfin une feuille de nori


Alors le mochi, vous aimez ? Vous l’aimez comment ?


♫ Un article = Une chanson ► Maroon 5 – Sugar

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▶ Arigatô : Ochūgen (御中元), le cadeau de l’été

© TRANS.Biz

Si en Occident on s’offre des cadeaux à Noël ou pour les anniversaires, ce n’est pas spécialement le cas au Japon ! Pour les cadeaux, on va en offrir à d’autres périodes.

Dans la société japonaise, on connait deux saisons réservées spécialement à la remise traditionnelle de cadeaux : Oseibo (御歳暮), cadeau offert en fin d’année et Ochûgen (御中元), offert en été pendant Obon (お盆).

En cette période estivale, Kimi va vous présenter dans cet article le cadeau de l’été : Ochûgen !

Ochûgen est le cadeau offert pendant la première quinzaine du mois de juillet. A l’approche de cette période, il est possible de voir ces cadeaux disposés sur des supports spéciaux dans les supermarchés et les magasins. On les offre généralement pour exprimer sa gratitude envers une personne à qui on est redevable : enseignant, patron, parents, entre entreprise partenaires… On peut aussi en remettre aux amis. Dans l’exemple des entreprises, le Ochûgen destiné au patron est offert par l’ensemble des employés ayant chacun mis une somme d’argent.

Pendant Ochûgen, les gens offrent donc des cadeaux pour exprimer leur reconnaissance, mais aussi pour célébrer l’été. Ils sont généralement offerts entre le 1er et le 15 juillet, le 15 étant le jour de la pleine lune selon l’ancien calendrier lunaire. Ils sont emballés dans du papier appelé kakegami (掛け紙) avec un arc rouge et blanc en papier torsadé ou bien imprimé sur le papier kakegami. La combinaison de couleurs blanches et rouges est considérée comme le symbole de la fête au Japon.

© nippon.com

Le contenu constitue généralement des sômen (素麺), des nouilles consommées froides pour surmonter les fortes chaleurs de l’été japonais. Puis, il y a les fruits de saison ! Et certaines préfectures possèdent leur fruit phare pour satisfaire les Japonais pendant Ochûgen : la belle pêche de couleur blanc laiteux de la préfecture de Yamanashi (山梨県), les cerises japonaises très sucrées en forme de gemme de la préfecture de Yamagata (山形県), le melon d’Hokkaido (北海道) ou de la préfecture de Shizuoka (静岡県)… Enfin, on offre aussi des canettes de jus ou d’autres boissons, ou encore des bonbons et des pâtisseries traditionnelles. Entre entreprises partenaires, on se fait parvenir par exemple un gros carton de fruits de saison, comme la pastèque de Kanazawa (金沢スイカ) 🍉 que les employés se partagent ensuite entre eux.

Au niveau du budget, cela dépend du niveau de relation avec la personne à qui le cadeau est remis. Cela peut aller de 2 000 ¥ à 30 000 ¥. Ceci dit, le plus important dans cette coutume n’est pas le cadeau en lui-même mais plutôt le geste !

Cette coutume consistant à choisir un cadeau spécial en guise de reconnaissance a commencé à l’époque Edo et se poursuit encore aujourd’hui. Même avec les temps changeants, c’est toujours une pratique chère aux Japonais pour montrer sa gratitude.


♫ Un article = Une chanson ► いきものがかりありがとう

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► God Bless This Stamp : Le Goshuin (御朱印)

Grand voyageur, grande voyageuse qui parcoure le Japon et effectue un arrêt dans les nombreux temples bouddhistes et sanctuaires shintoïstes du pays, vous connaissez sans doute l’existence du Goshuin (御朱印), l’empreinte du sceau de ces lieux sacrés. Souvenir original et typique, collectionnez-les et rassemblez-les dans un Goshuin-cho (御朱印帳), un carnet spécialement dédiés aux Goshuin.

Vous désirez en savoir plus ? Alors lisez la suite de cet article !

※ Qu’est-ce que le Goshuin ? (御朱印とは何ですか。)

Le Goshuin (御朱印) correspond à l’empreinte du sceau des temples bouddhistes et sanctuaires shintoïstes au Japon que les visiteurs et adorateurs peuvent recevoir. Cependant, il peut arriver que certains sanctuaires et temples n’offrent pas du tout ce service.

En japonais, ce terme se décompose en trois kanjis :
(go) : terme honorifique ajouté au début de mots « importants ». L’empreinte du sceau est considéré comme un objet sacré, il droit donc être mentionné et traité avec un grand respect
(shu) : vermillon, faisant référence à la couleur rouge vif tirant sur l’orangé de l’encre utilisée pour marquer le sceau
(in) : empreinte du sceau
En d’autre terme, le Goshuin représente la marque rouge sacrée de chaque temple bouddhiste et sanctuaire shintoïste.

Mais précisément, il ne s’agit pas d’une simple marque rouge comme l’Inkan (印鑑). Le contenu est un peu plus complexe et se compose en plusieurs parties : on retrouve à la fois des empreintes de sceau et de la calligraphie. De même, il diffère selon les temples et sanctuaires. Voici par exemple le Goshuin du temple Kongobu-ji (金剛峯寺), situé à Koyasan (高野山).

  1. 令和元年拾壱月拾七日 (17 novembre de la première année Reiwa) : Date de visite
  2. 遍照金剛 (Henjokongo) : autre nom de Kobo-Daishi Kukai (弘法大師空海), saint fondateur de l’école bouddhiste Shingon
  3. 金剛峯寺 (Kongobu-ji) : Nom du temple
  4. Empreinte du sceau du temple
  5. Empreinte du sceau du lieu où se situe le temple
  6. 奉拝 (Houhai) : terme signifiant « culte », « adoration », « vénération »
  7. यु (Yu) : caractère sanskrit exprimé pour Kobo-Daishi Kukai
  8. 高野山 (Koyasan) : Nom du lieu où se situe le temple

Autre exemple de Goshuin du sanctuaire Ikuta (生田神社) à Kobe (神戸), un peu plus simple.

  1. 令和二年二月一日 (1er février de l’année 2 Reiwa) : Date de visite
  2. 生田神社 (Ikuta Jinja) : Nom du sanctuaire
  3. Empreinte du sceau de l’emblème du sanctuaire
  4. Empreinte du sceau du sanctuaire
  5. 奉拝 (Houhai)

A l’origine, le Goshuin était remis aux pèlerins qui offraient un sha-kyo (写経, transcription manuscrite de soutra) aux temples. L’empreinte du sceau est considéré comme sacré étant donné qu’il représente l’image du temple. De nos jours, il est bien sûr possible d’obtenir un Goshuin sans avoir à offrir un sha-kyo.

※ Le Goshuin-cho (御朱印帳)

Pour rassembler et collectionner les Goshuin, il est préférable d’avoir un carnet dédiés à cet effet, le Goshuin-cho (御朱印帳). Les temples et sanctuaires refuseront d’y inscrire leur Goshuin dans tout autre type de cahier ou dans un carnet contenant des tampons commémoratifs, alors attention ! Le Goshuin-cho est aussi un objet sacré et doit être entretenu avec respect ! Retenez ces mots :

御朱印帳

御朱印には、お参りされた佛様の功徳を納めさせていただいております。
御朱印帳は大変神聖なものでございますので、スタンプ帳やノートは区別いただき、大切にお取り扱いください。」

 Carnet de Goshuin

Le Goshuin est dédié au mérite de la visite de la demeure de Bouddha.
Le carnet de Goshuin est un objet très sacré et différent d’un carnet de timbres ou d’un cahier quelconque alors manipulez-le avec soin.

※ Obtenir un Goshuin (御朱印をもらう)

Lorsque vous arrivez au sanctuaire ou au temple, assurez-vous d’abord de faire une petite offrande au saisenbako (賽銭箱, tirelire en bois situé devant la salle de culte Haiden, 拝殿) et de prier. Étant donné que le Goshuin est essentiellement une preuve de pèlerinage vers un site religieux, il est impératif d’au moins rendre hommage au temple ou au sanctuaire. De plus, si vous visitez un sanctuaire, assurez-vous de suivre les directives générales lorsque vous entrez dans les lieux du sanctuaire (s’incliner devant la porte torii avant d’entrer, se purifier les mains…).

Une fois cela fait, dirigez-vous vers la réception de Goshuin et remettez votre carnet, de préférence ouvert à la page que vous souhaitez tamponner. Si vous n’avez pas de carnet dédié aux Goshuin, on vous le remettra sur une feuille de papier distincte que vous pourrez coller plus tard. La plupart des Goshuin sont payants, le prix variant de 300 ¥ à 500 ¥. On vous remettra le plus souvent une plaque numérotée, puis on vous demandera d’attendre. Attendez patiemment sans parler ni consulter votre smartphone. Ne surtout pas manger ou boire ! Lorsque votre numéro est appelé, remettez alors votre plaque et le montant demandé (essayez de prévoir de la monnaie et évitez de payer avec des billets) et récupérez votre Goshuin.

C’est toujours une belle surprise d’ouvrir son Goshuin-cho et d’y découvrir l’empreinte fraîchement inscrite. Il arrive qu’on remette un papier qui en plus de permettre à l’encre de sécher et de ne pas tacher les autres pages du carnet, vous rappelle les règles de bon entretien et de respect envers votre Goshuin-cho, ainsi que des coupons de réduction et des prospectus sur le temple ou le sanctuaire visité.


Possédez-vous un Goshuin-cho ?
Combien de Goshuin avez-vous collecté jusqu’à présent ?


♫ Un article = Une chanson ► Bon Jovi – God Bless This Mess

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▶ Devil out : Setsubun (節分)

Pendant qu’en France on célèbre la Chandeleur en mangeant des crêpes, au Japon, la fête qui revient chaque année début février, c’est Setsubun (節分), dit aussi la fête du lancer de haricots ! Un rituel que Kimi no BLUE TRAVEL a déjà expérimenté plusieurs fois. On vous explique tout dans cet article !

Setsubun : une histoire de démons

Setsubun (節分) est une fête nationale célébrée chaque année le 3 février. Cette date symbolise la fin de l’hiver et le changement de saison. En effet, Setsubun faisait à l’origine référence à la veille du début de chaque saison, printemps, été, automne et hiver. Le premier jour du printemps (立春, risshun), le 4 février, correspondait également à l’ancien calendrier lunaire japonais, tout en marquant la transition du froid de l’hiver à la chaleur du printemps. Pour ces raisons, cette journée serait devenue particulièrement importante et, avec le temps, le terme Setsubun est devenu associé uniquement au début du printemps. Cependant, si la plupart du temps le début du printemps (立春, risshun) tombe le 4 février, selon les positions relatives de la Terre et du Soleil, il peut arriver qu’il y ait un petit décalage (en raison du fait que la Terre ne tourne pas autour du Soleil en exactement 365 jours) causant la fluctuation du risshun entre le 3 et le 5 février selon les années. Ainsi certaines années le Setsubun est célébré le 2 ou bien le 4 février.

On raconte ensuite que selon la superstition japonaise le monde serait plus sensible à l’influence du mal (représentés par les démons que l’on appelle Oni en japonais (鬼)) lors des changements de saisons. Un rituel connu sous le nom de tsuina (追儺) ou aussi oni-yarai (鬼遣らい) pour dissiper la perversité a donc été pratiqué dans la cour impériale Heian et dans d’autres lieux lors de Setsubun. Cette coutume originaire de Chine aurait été introduite entre a fin du VIIe et le début du VIIIe siècle.

Ainsi, le principal rituel de Setsubun consiste à chasser les démons en leur jetant des graines de haricots, d’où le fait que cette fête se fasse aussi appeler la fête du lancer de haricots.

Setsubun : une fête qui amuse petits et grands

Bien que l’histoire de Setsubun mette en œuvre la présence de démons, on va plutôt célébrer cette fête de manière amusante plutôt qu’effrayante. Les enfants pourraient avoir peur des méchants Oni mais au contraire, la plupart adorent les chasser à coup de lancer de graines de haricots grillés !

Où et comment fêter Setsubun et s’amuser à chasser les démons ? Il existe plusieurs façons de profiter de cette fête amusante !

• Au temple ou au sanctuaire ⛩️

Dans les temples, on parle de Setsubune (節分会) et dans les sanctuaires, Setsubunsai (節分祭) mais les uns comme les autres célèbrent en général l’événement en vendant des Ehomaki (恵方巻) pour en moyenne 400 ¥ et en organisant le lancer de graines de haricots grillés (豆まき, mamemaki) devant enfants et parents, un sac à la main pour en récupérer le maximum. Les lieux sacrés rassemblent de nombreux habitants et visiteurs.

Pour les endroits les plus populaires il y a par exemple les temples Zojoji (増上寺) ou bien Sensoji (浅草寺) du côté de Tokyo. Pour éviter trop de foule et profiter plus tranquillement des festivités dans un plus petit lieu, optez pour le temple ou le sanctuaire de votre quartier ! Il y en a forcément un qui célèbre l’événement !

Par exemple, si vous habitez Shinohara, Yokohama (横浜市篠原町), allez par exemple au sanctuaire Shinohara Hachiman (篠原八幡神社). Le lancer de graines de haricots grillés commence vers 10:30 et dure 30 minutes. Le prêtre shintoïste, kannushi (神主) récite d’abord un chant religieux. Puis les enfants, et parfois les adultes viennent sur le palais kagura-den (神楽殿) pour lancer des haricots à la foule en criant « Oni wa soto! Fuku wa uchi! » (鬼は外! 福は内!), ce qui signifie « Dehors les démons! Dedans le bonheur! » Ça finit par les organisateurs qui lancent les gros lots, des sacs de graines de haricots et autres friandises.

Si on lance les graines pour faire fuir les démons, on les mange aussi pour apporter la bonne fortune. Il est dit que si on mange le nombre de graines de haricots correspondant à notre âge, nous serons en bonne santé toute l’année !

Ceci étant dit, d’autres rituels existent également et varient selon les régions. Dans le Kansai, la fête se vit autrement avec un rituel bien connu : le karosai (火炉祭). Si vous célébrez Setsubun à Kyoto, le rituel, parmi nombreux d’autres, commence à 23h00. Cependant dans d’autres sanctuaires plus petits et moins fréquentés, il peut avoir lieu plus tôt dans la soirée. C’est le cas du sanctuaire Katano (片埜神社) situé dans la ville d’Hirakata (枚方市).

Lors du karosai, de vieilles amulettes (お守り, omamori) et de vieux talismans en bois (お札, ofuda) avec des vœux écrits dessus sont brûlés dans un grand pot de feu. Celui-ci est installé devant l’une des portes du sanctuaire (鳥居, torii) et les talismans et amulettes rapportés par les fidèles et les visiteurs y sont brûlés afin que les esprits en eux puissent être libérés. Pendant que le prête shintoïste (神主, kannushi) récite un chant religieux, les gens s’approchent à tour de rôle des flammes et y jettent leurs vieux charmes, faisant grandir le diamètre de ce feu jusqu’à plus de cinq mètres. Bien que l’on sente une forte chaleur, on dit que si vous vous approchez des flammes, vous serez en bonne santé pour l’année à venir. Admirer les flammes, écouter les chants en toute tranquillité apaise les cœurs et les esprits.

Après quoi, Setsubun se termine dignement par un petit festin : la dégustation d’amasake (甘酒, boisson peu alcoolisée que l’on sert régulièrement lors des fêtes traditionnelles dans les temples et sanctuaires) et d’ehomaki (恵方巻) à manger entier dans la direction Eho (恵方).

Shinohara Hachiman Jinja (篠原八幡神社)
Adresse : 2735 Shinoharacho, Kohoku-ku, Yokohama, Kanagawa (神奈川県横浜市港北区篠原町2735)
Accès : Kikuna Station (JR Yokohama Line, Toyoko Line) sortie ouest
Site internet : http://www.shinohara-80000.com

Sanctuaire Katano (片埜神社)
Adresse : 2-21-15 Makinosaka, Hirakata, Osaka (大阪府枚方市牧野阪2丁目21−15)
Accès : Makino Station (Keihan Line) sortie 1
Site internet : https://www.katanojinja.com

• A son domicile 🏡

On suit aussi la tradition du mamemaki en lançant les graines de haricots grillés par la fenêtre des maisons en criant « Oni wa soto! Fuku wa uchi! » Il s’agit donc de faire fuir les forces néfastes incarnées par les démons (鬼) qui cherchent à envahir le foyer à chaque nouvelle année et d’attirer la bonne fortune (福) dans la maison. Le plus souvent dans les familles japonaises, le père porte un masque de démon et les enfants lui jettent des graines de haricots. Les écoles organisent parfois aussi le Setsubun où les professeurs se déguisent en démon et les enfants leur jettent les graines de haricots.

• En mangeant 🍣

Autre pratique à inclure dans cette tradition ; manger un ehomaki (恵方巻) en soirée. Il s’agit d’un long maki contenant le plus souvent des légumes, des œufs et de la viande. Il faut le manger en entier, il n’est donc jamais coupé en petits rouleaux comme les maki traditionnels. Le ehomaki se mange dans la direction Eho (恵方) afin d’être heureux le reste de l’année. Eho est la direction annuelle d’Eto (干支), qui représente les douze signes du zodiaque chinois. La direction change selon les années. Pour 2019, la direction Eho correspondait à l’Est/Nord-Est (東北東). En 2020 c’était Ouest/Sud-Ouest (西南西) et en 2021 ce sera Sud/Sud-Est (南南東)…

Cette tradition venue d’Osaka où elle est appelée marukaburizushi (丸かぶり寿司, rouleau de sushi croqué tel quel), s’est répandue en 1998, après que la chaîne de konbini 7-Eleven l’a commercialisée sous le nom d’ehomaki.
Donc pas seulement dans les lieux sacrés, au konbini et au supermarché, des ehomaki sont exceptionnellement vendus à l’occasion de Setsubun, aux goûts variés (salade, viande, légumes) de taille standard ou moitié réduite, au prix allant de 300 ¥ à 800 ¥.

Setsubun, c’est une occasion de diffuser des ondes positives en s’amusant et de passer un sympathique moment en famille !

📷 Toutes les photos sur Flickr 📷


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