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▶ Comme un homme : Kodomo no Hi (ă“ă©ă‚‚ăźæ—„)

Au Japon, chaque personne a droit Ă  son jour de fĂȘte, y compris les enfants ! Kodomo no Hi (ă“ă©ă‚‚ăźæ—„) correspond Ă  cette journĂ©e. Celle-ci a lieu le 5 mai et Ă©tant un jour fĂ©riĂ©, elle clĂŽture en mĂȘme temps la Golden Week. Cependant, si Kodomo no Hi signifie littĂ©ralement « journĂ©e des enfants », cette fĂȘte est particuliĂšrement destinĂ©e aux petits garçons ! AprĂšs la fĂȘte destinĂ©e aux petites filles avec Hina Matsuri (雛焭り, ăČăȘ焭り), c’est au tour des petits garçons !

Originellement appelĂ©e Tango no sekku (ç«ŻćˆăźçŻ€ć„), les familles prient pour la santĂ© et le succĂšs futur de leurs fils. Cette fĂȘte est cĂ©lĂ©brĂ©e dans la plupart des foyers, mais aussi dans les Ă©coles maternelles oĂč les banderoles de carpe 🎏 sont suspendues dans la cour de rĂ©crĂ©ation. Les enfants et enseignants reçoivent un kashiwa mochi (柏逅) Ă  dĂ©guster.

※ Histoire de Kodomo no Hi (ă“ă©ă‚‚ăźæ—„ăźç‰©èȘž)

FĂȘte d’origine chinoise, Tango no sekku (ç«ŻćˆăźçŻ€ć„) fut introduite Ă  la cour impĂ©riale pendant l’Ă©poque de Nara (VIIIe siĂšcle). On accrochait des feuilles d’acore odorant (菖è’Č, shƍbu) et de yomogi (ヹヱゼ) aux avant-toits des maisons. À la cour, on suspendait Ă©galement aux piliers des kusudama (くす玉, couronnes d’herbes mĂ©dicinales) oĂč Ă©taient entremĂȘlĂ©s notamment de l’armoise et de l’iris et desquels pendaient de longs fils de cinq couleurs, symboles de longĂ©vitĂ©. On se livrait Ă  des jeux Ă  caractĂšre hĂ©roĂŻque comme le tir Ă  l’arc ou les courses de chevaux qui se sont dĂ©roulĂ©s jusqu’Ă  l’Ă©poque Edo pendant laquelle ils furent interdits car considĂ©rĂ©s comme dangereux.

C’est entre l’Ă©poque de Kamakura et l’Ăšre Edo que Tango no sekku (ç«ŻćˆăźçŻ€ć„) est popularisĂ©e en tant que fĂȘte des garçons. Pendant la pĂ©riode de Kamakura, les rites du Tango sont laissĂ©s Ă  l’abandon Ă  la cour pendant que du cĂŽtĂ© du peuple se rĂ©pand la tradition du shƍbu-yu (bain d’iris).

※ Le kashiwa mochi (柏逅), douceur et symbole de Kodomo no Hi

À l’occasion de cette journĂ©e des enfants, on savoure le kashiwa mochi (柏逅). DĂ©licieuse pĂątisserie japonaise, il est notamment idĂ©al pour le dessert 😋 !

Il s’agit d’un mochi (gĂąteau de riz gluant) Ă  la forme plate et ronde fourrĂ© avec de la pĂąte de haricots rouges sucrĂ©e (逥, an) et enroulĂ© dans une feuille de chĂȘne (柏, kashiwa). Les feuilles de chĂȘne reprĂ©sentent la prospĂ©ritĂ© car elles ne doivent pas tomber avant que les nouveaux bourgeons n’apparaissent, ce qui symbolise que les parents ne doivent pas mourir tant que les enfants ne sont pas nĂ©s. Originaire de Tokyo et populaire dans l’est du Japon notamment, on en consomme dans tous le pays pour cĂ©lĂ©brer cette fĂȘte nationale de Kodomo no Hi.

Question que l’on peut se poser. Faut-il aussi manger la feuille ? Les feuilles de chĂȘne kashiwa ne sont fondamentalement pas comestibles donc il n’est pas recommandĂ© de les manger. Cependant comme elles recouvrent le mochi, il n’y a pour autant pas de mal Ă  les manger, mais elles possĂšdent une saveur amĂšre, ce qui peut gĂącher la texture et le goĂ»t du mochi.

※ Les autres spĂ©cialitĂ©s et festivitĂ©s de Kodomo no Hi

MĂȘme si cette fĂȘte est de nos jours consacrĂ©e Ă  tous les enfants, elle reste encore ancrĂ©e dans la tradition et dans son histoire, et cĂ©lĂšbre toujours plus particuliĂšrement les garçons. On suspend encore des feuilles de shƍbu et de yomogi aux portes des maisons pour conjurer le mauvais sort. Tous les enfants prennent des shƍbu-yu (bains d’iris). Ils ont parfois mĂȘme le droit de boire du sakĂ© aromatisĂ© Ă  l’iris. Ils peuvent aussi dĂ©guster en plus des kashiwa mochi (ă‹ă—ă‚é€…) des chimaki (ăĄăŸă, riz gluant fourrĂ© et enveloppĂ© par des feuilles de bambou).

Les familles ayant des garçons exposent une gogatsu ningyƍ (äș”月äșșćœą, poupĂ©e de mai) dans le tokonoma (ćșŠăźé–“) de la maison et suspendant des banderoles de carpe 🎏 (鯉ćčŸ, koi nobori), les uns symbolisant le pouvoir et le succĂšs, les autres la force et la persĂ©vĂ©rence.

Si pour Hina Matsuri, les festivitĂ©s prennent fin le soir-mĂȘme, les banderoles de carpe sont suspendus pendant plusieurs jours avant et aprĂšs le 5 mai. Kodomo no Hi, une fĂȘte durant laquelle rĂšgne l’espoir de voir son petit garçon devenir un grand homme !


♫ Un article = Une chanson â–ș MulanComme un homme

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▶ Doll : Hina Matsuri (ăČăȘ焭り)

Le 3 mars, c’est Hina Matsuri (雛焭り, ăČăȘ焭り), soit littĂ©ralement la fĂȘte des poupĂ©es ! Vous avez aperçu rĂ©cemment par hasard des poupĂ©es japonaises aux alentours des temples, dans les devantures de certaines boutiques, les Ă©coles ou bien chez vos amis japonais ? C’est normal, c’est pour cĂ©lĂ©brer cette fĂȘte, destinĂ©e en particulier aux petites filles. Il s’agit de leur souhaiter une bonne croissance, le bonheur et la santĂ©. Cette fĂȘte remonte Ă  l’Ă©poque Heian (ćčłćꉿ™‚代).

Quelques jours avant et pendant Hina Matsuri, appelĂ© aussi Momo no sekku (æĄƒăźçŻ€ć„, fĂȘte de la pĂȘche) des poupĂ©es traditionnelles japonaises sont exposĂ©es pour protĂ©ger des mauvais esprits et de la malchance. Cette fĂȘte est cĂ©lĂ©brĂ©e dans la plupart des foyers, qu’il y ait une fille mariĂ©e ou non, mais aussi dans les Ă©coles maternelles oĂč les enfants sont pris en photos autour des poupĂ©es. Les enseignants prĂ©parent pour chaque classe et le personnel du zenzai (ぜんざい), offrent des hina arare (ăČăȘあられ) et pour le dĂ©jeuner le chirashi sushi (ちらし毿揾) est choisi comme menu du jour !

※ Les poupĂ©es de la cour impĂ©riale

Les poupĂ©es Hina (ăČăȘäșșćœą) sont posĂ©es sur des petites estrades Ă  plusieurs niveaux. Ces poupĂ©es spĂ©ciales, appelĂ©es katashiro (ćœąä»Ł), qui se transmettent parfois de gĂ©nĂ©ration en gĂ©nĂ©ration, sont rangĂ©es dans un carton tout le reste de l’annĂ©e. Elles reprĂ©sentent des personnages de la cour impĂ©riale de l’Ăšre Heian. On retrouve :
– l’Empereur (ăŠć†…èŁă•ăŸ, O-Dairi-sama)
– l’ImpĂ©ratrice (ăŠé››ă•ăŸ, O-Hina-sama)
– les trois domestiques, trois dames de cour (侉äșș柘愳, san-nin kanjo)
– les cinq musiciens (äș”äșș曃歐, go-nin bayashi) dont un chanteur

L’escalier sur lequel sont disposĂ©es les poupĂ©es est appelé hina kazari (é››éŁŸă‚Š), il est recouvert d’un tapis rouge. Sur le niveau le plus haut, on retrouve l’Empereur Ă  gauche et l’ImpĂ©ratrice Ă  droite ; un paravent dorĂ© fait souvent office d’arriĂšre-plan. Sur le deuxiĂšme niveau sont disposĂ©es les trois dames de cour portant des flacons de sakĂ©. Les cinq musiciens se tiennent sur la troisiĂšme marche.

Divers petits objets de décorations accompagnent ces poupées comme par exemple :
– deux lampes japonaises en papier (é›Ș掞, bonbori) aux cĂŽtĂ©s de l’Empereur et de l’ImpĂ©ratrice
– du hishimochi (菱逅, petits mochi tricolores en forme de losange)
– des fleurs de pĂȘchers (æĄƒăźèŠ±)

Il arrive de trouver d’autres personnages secondaires sur d’autres niveaux infĂ©rieurs. La quatriĂšme Ă©tagĂšre inclut souvent deux ministres (ć€§è‡Ł, daijin) : le ministre de gauche (ć·Šć€§è‡Ł, sadaijin) reprĂ©sentĂ© par une personne ĂągĂ©e (ćčŽé…è€…, nenpaisha) et placĂ© Ă  droite, et le ministre de droite (ćłć€§è‡Ł, udaijin) reprĂ©sentĂ© par une jeune personne (苄者, wakamono) et placĂ© Ă  gauche. La cinquiĂšme est pour les serviteurs (ćŸ“è€…, jusha) ou les gardes (èĄ›ćŁ«, eji).

※ Le hishi mochi (菱逅), douceur et symbole du Hina Matsuri

Bien sĂ»r comme chaque fĂȘte qui se respecte, il y a des spĂ©cialitĂ©s Ă  boire et Ă  manger ! PĂątisserie japonaise en forme de losange, on le retrouve parmi les dĂ©corations qui accompagnent les poupĂ©es, le hishi mochi est l’aliment de rĂ©fĂ©rence du festival !

Sa forme, adoptĂ©e ainsi depuis l’Ăšre Edo, ferait rĂ©fĂ©rence Ă  la fertilitĂ©. Il est gĂ©nĂ©ralement formĂ© de trois couches de mochi colorĂ©s qui sont de haut en bas :

  • le rose, couleur reprĂ©sentant celle des fleurs de pĂȘchers, pour honorer les ancĂȘtres et ĂȘtre en bonne santĂ©
  • le blanc, couleur associĂ©e Ă  la neige et ses effets purifiants
  • le vert, couleur rappelant celle de la plante armoise (ăƒăƒă‚łă‚°ă‚”) et ses bienfaits pour le sang

Selon la rĂ©gion, le rose peut ĂȘtre remplacĂ© par du jaune, ou encore avoir 2, 5 ou 7 couches Ă  la place. L’ordre des couleurs peut aussi diffĂ©rer. Dans le Kansai par exemple, le hishi mochi se prĂ©sente sous 5 couches avec du rouge et du jaune en plus des trois autres couleurs principales.

Le hishi mochi est vendu dans les supermarchés et chez la plupart des fabricants de pùtisseries et confiseries traditionnelles japonaises.

※ Les autres spĂ©cialitĂ©s du Hina Matsuri

Pour accompagner le hishi mochi, on boit traditionnellement du amazake (甘酒) ou du shirozake (癜酒), boissons peu ou pas alcoolisĂ©es Ă  base de riz, et on mange des hina arare (ăČăȘあられ, biscuits Ă  base de riz) et du chirashi sushi (ちらし毿揾 bol de riz assaisonnĂ© devinaigre de riz sur lequel sont dĂ©posĂ©es des garnitures froides comme du sashimi de saumon, de thon, des tamagoyaki, du kamaboko, du concombre…).

Dans les supermarchĂ©s, Ă  l’approche de l’Ă©vĂ©nement, on peut trouver d’autres douceurs. Il y a par exemple les hina matsuri manju (ăČăȘăŸă€ă‚Šé„…é ­), les manjus Ă©tant de petits gĂąteaux ronds et blancs, prĂ©parĂ©s avec de la pĂąte de haricots rouges enveloppĂ©e d’une pĂąte Ă  base de farine, d’eau, de sucre et de fĂ©cule et cuits Ă  la vapeur. Si les manjus classiques sont blancs, les hina matsuri manju se prĂ©sentent sous trois couleurs diffĂ©rentes, soit celles du hishi mochi, rose, blanc et vert. On peut trouver Ă©galement des pĂątisseries fourrĂ©es Ă  la pĂȘche comme les hakuto kibidango (ç™œæĄƒć‰ć‚™ć›Łć­), de petites boules de gĂąteaux de riz sucrĂ© Ă  la pĂȘche.

C’est aussi l’occasion de manger du zenzai (斄擉) pour le dessert ! Dessert japonais traditionnel consistant en une soupe sucrĂ©e de haricots rouges azuki et de shiratama (癜玉, boulettes de mochi faits de farine de riz et cuits dans de l’eau bouillante), il est souvent consommĂ© en automne et en hiver. MalgrĂ© son goĂ»t trĂšs fort en sucre, cet en-cas, en plus de rĂ©chauffer pendant les journĂ©es hivernales, Ă©loignerait les maladies et les mauvais esprits. Il peut ĂȘtre vendu en sachet ou en canette (servie chaude).

Les festivitĂ©s prennent fin le soir-mĂȘme. Selon la croyance traditionnelle, il faut ranger les poupĂ©es le soir du 3 mars, sans quoi la fille de la maison ne pourra pas se marier pendant un an.


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