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▶ You don’t know who I am : Le sceau japonais, Hanko (判子)

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Il est votre signature dans les pays asiatiques comme la Chine, la Corée et le Japon, le sceau, dit 密封 (, sceau) ou 印 (yìn, empreinte du sceau) en chinois, 도장 (dojang) ou 인감 (ingam) en coréen, 判子 (hanko) ou 印鑑 (inkan) en japonais, indispensable pour certaines tâches administratives et pour signer tous les actes officiels. Notre signature manuelle que l’on applique tous dans notre cher pays d’occident est très peu utilisée en Asie. En effet, les sceaux demeurent d’une grande importance en Extrême-Orient si bien que les expatriés qui y font fréquemment des affaires doivent se voir attribuer le leur pour les raisons citées plus haut.

Kimi faisant partie de ces expatriés, a fait elle aussi fabriquer son propre sceau et elle vous explique tout dans cet article !

※ Qu’est-ce que le Sceau ? (判子とは何ですか。)

C’est une forme d’identification graphique utilisée pratiquement depuis l’invention de l’écriture, et utilisée par les empereurs de Chine d’abord, puis de Corée et du Japon.

Les sceaux d’Extrême-Orient portent généralement le nom de la personne ou de l’organisation qu’ils représentent, mais ils peuvent aussi porter un décor symbolique, un poème, une devise personnelle, etc… Chacun est entièrement libre de choisir ce qu’il veut comme symbole pour se représenter. Ils existe plusieurs sceaux de taille et de style différents selon l’usage. Les sceaux sont gravés dans de multiples matières dures ou tendres, tels que la stéatite (pierre à savon), le bois, le bambou, la corne, le cristal, le jade, les pierres précieuses ou encore la cire perdue en cuivre, bronze, argent, or, etc… Pour une grande variation de son prix de fabrication !

L’autre matière importante qui va de paire avec le sceau en lui-même est l’encrage. C’est avec l’encre rouge que le sceau est appliqué. Il existe deux sortes d’encre rouge utilisées traditionnellement pour encrer les sceaux. Elles diffèrent par la nature des matériaux de base auxquels elles font appel :

  • à base de soie : la pâte rouge est faite de cinabre réduite en poudre très fine, mélangée avec de l’huile de ricin et des fragments de fils de soie. La soie lie ce mélange pour en faire une pâte très épaisse, ayant une apparence très huileuse d’une éclatante couleur rouge ;
  • à base de plante : la pâte rouge est faite de cinabre réduite en poudre très fine, mélangée avec de l’huile de ricin de l’armoise commune. La texture du mélange résultant apparaît peu homogène, car l’armoise n’est pas un liant. L’apparence a un aspect spongieux, et d’un rouge plus sombre. L’encre rouge à base d’armoise va tendre à sécher plus rapidement que celle faisant appel à la soie : en fonction du papier utilisé, la pâte à base d’armoise pourra sécher en 10 ou 15 minutes, et ce, d’autant plus que le papier est absorbant. Par ailleurs, ces encres à base de plante s’étaleront sur le papier plus que ne le ferait une encre utilisant de la soie, l’armoise n’ayant pas les mêmes propriétés liantes que la soie.

Quelle que soit sa nature, la pâte rouge est conservée fermée dans son contenant d’origine, et gardée dans un environnement protégé du rayonnement direct du soleil et des fortes chaleurs, pour lui éviter de sécher.

Cela peut paraître simple aux premiers abords mais détrompez-vous ! L’application du sceau est un art parfois difficile à maîtriser, mais c’est particulièrement pour les œuvres d’art quand le support est une matière bien particulière ! Lors de l’application du sceau sur le papier, la procédure différera selon s’il s’agit d’une encre à base de soie, ou d’une encre à base de plante : dans le premier cas, on appliquera le sceau avec une forte pression, le papier posé sur une surface souple, et en basculant le sceau d’avant en arrière et de gauche à droite. Dans le cas d’une encre à base de plante, on n’utilisera qu’une pression légère. Le sceau sera alors retiré du papier en commençant par un côté, car un retrait vertical du sceau pourrait créer un arrachement du papier. Enfin, après application du sceau, on peut permettre un séchage plus rapide de l’encre en utilisant un buvard ; mais cela risque de faire baver l’empreinte du sceau. Parfois, selon la texture du papier ou son grammage, il sera nécessaire d’humidifier très légèrement celui-ci pour l’assouplir,  retenir la couleur et équilibrer sa tonalité.

※ Le sceau japonais (判子)

Hanko (判子) ou Inkan (印鑑, l’empreinte du sceau, mais souvent utilisé comme synonyme de hanko) désignent le sceau utilisé au Japon. Il est aussi bien utilisé par les particuliers que les entreprises, pour signer ou valider tout type de document. Un exemple très caractéristique de hanko se trouve sur les billets de banque émis par la Banque du Japon. Il y en a également sur des estampes japonaises.

La première apparition du sceau au Japon remonte à l’an 57 : c’est un hanko en or massif, accordé à un envoyé japonais en Chine par le souverain de la dynastie Han. Tout d’abord, seuls l’Empereur et ses vassaux les plus fidèles détenaient des hanko, car ils étaient un symbole de l’autorité de l’Empereur. Les nobles commencèrent à utiliser leur propre hanko après 750, et les samouraïs reprirent cet usage au cours du Moyen-Âge. C’est une loi adoptée au début de l’ère Meiji (1868-1912) établissant un système national d’enregistrement et de certification qui permet aux hanko personnels de devenir largement utilisés.

Au Japon, il est possible de faire authentifier et enregistrer son hanko par des services administratifs, pour s’en servir ensuite de façon officielle pour signer tous types de documents. En règle générale, c’est de l’encre de couleur rouge qui est utilisée pour encrer le hanko. Le hanko peut être en différents matériaux : bois, pierre, corne de buffle, et à différents prix. Des magasins lui sont spécialement dédiés. Le cadre de l’inkan peut être ovale, rond, ou carré et de toutes dimensions.

De façon plus précise, il existe aujourd’hui au Japon quatre types de sceaux personnels, par ordre décroissant de formalisme :

  •  jitsu in (実印) : sceau officiel nécessaire pour conclure des affaires ou toute autre activité importante ou entraînant un engagement juridique (achat d’une voiture, d’un terrain, mariage…) ;
  • ginko in (銀行印) est utilisé spécifiquement pour la banque (ginko veut dire « banque »). Le relevé des transactions bancaires d’une personne contient une impression originale du ginko de cette personne, à côté du sceau d’un employé de la banque. Les règles concernant la taille et la forme du ginko peuvent varier d’une banque à l’autre ; en général, le ginko doit comprendre le nom japonais complet de la personne ; un occidental pourra être autorisé à utiliser son nom de famille complet, avec ou sans le prénom, celui-ci pouvant ou non être remplacé par une simple initiale ;
  • mitome in (認印) est un sceau ayant un caractère officiel encore amoindri, utilisé pour retirer des colis postaux par exemple, ou encore signer des notes internes dans une entreprise, ou pour toute autre activité quotidienne n’impliquant pas un réel problème de sécurité des transactions ;
  • gago in (雅号印) est utilisé par les artistes pratiquant un art graphique pour décorer et signer leurs œuvres. C’est là une tradition qui existe depuis plusieurs siècles. Ces signatures sont fréquemment des noms d’artiste ou des surnoms. Les décorations sont souvent de très courtes phrases ou des slogans choisis par l’artiste. Une très grande liberté existe au niveau de la forme, de la taille, du matériau et du graphisme du gago in.
※ Créer un sceau japonais (判子の作り方)

Pour des raisons administratives, en premier la création de mon nouveau compte en banque (à venir dans un prochain article), il m’a été imposée de créer mon propre sceau. Mais alors comment procéder ? Je vous explique !

Ce n’est pas très compliqué, vous vous rendez chez un artisan, vous dessinez l’inkan (印鑑) que vous souhaitez avoir, vous choisissez quel type d’hanko (判子) vous désirez, quelle matière, quelle taille et aussi le petit boitier pour le ranger avec l’encre. L’opération prend environ quinze minutes pour un hanko basique. J’ai fait ma commande à 9h45 et mon hanko était prêt à 10h00 !

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J’ai été demander la création de mon hanko dans cette boutique située à Koenji, car c’était juste en face de ma banque !

Hanko-ka Ichiban はんこ家一番高円寺店
Adresse : 2-41-16, Koenji Kita, Suginami, Tokyo
Accès : Koenji Statio (Chuo Line, Ome Line) sortie nord

Pour le mien, j’ai choisi de mettre mon prénom en Katakana et j’ai opté pour un petit sceau en matière plastique et j’ai choisi un beau boitier rose ! C’est bien classe je trouve haha ! Le prix : comptez 800 yens pour la création de l’inkan et 1200 yens pour le boitier avec l’encre, même si dans la plupart des endroits où il est nécessaire de l’utiliser, comme à la banque, on vous prête l’encre pour pouvoir signer… ou tamponner -lol-

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C’est désormais mon empreinte ici. Dès que je dois signer, je sors mon petit hanko avec fierté devant les japonais qui s’étonnent « Oh vous possédez un hanko, c’est bien n’est-ce pas ! » même si je ne maîtrise pas encore parfaitement le geste. Souvent mon empreinte n’apparaît pas entièrement du premier coup et je dois recommencer (et bien viser pour éviter de faire du gros caca tout rouge :’D).


 ♫ Un article = Une chanson ► FTISLANDYOU DON’T KNOW WHO I AM

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▶ 22 juin 2016 ; 1 an au Japon (日本で1年間が経った)

Cette photo illustre bien ma victoire personnelle !

Trick Eye Museum, Séoul – Octobre 2015 Cette photo illustre bien ma victoire personnelle ! 

22 juin 2016. Nous voilà un an après le début de mon PVT au Japon. Il est temps de faire le bilan et de vous dire que l’aventure n’est pas terminée ! Au contraire, elle continue !!!

Au revoir PVT. Bonjour Visa Travail ! 

Il y a un an, je posais mes valises à Tokyo, pour la quatrième fois, pleine de motivation et avec l’envie d’en découvrir toujours plus sur ce pays, mais aussi de me découvrir, de trouver ma voie, moi qui ai absolument TOUT quitté en France (appartement, CDI, voiture, famille et amis) pour certainement le plus grand amour de ma vie : le Japon. Un pays que j’ai appris à aimer au fil de mes voyages pour finalement avoir envie de m’y installer sur le long terme et pourquoi pas d’y faire ma vie ? En partant je me doutais bien sûr que tout n’était pas gagné et que ce ne serait pas facile tous les jours. Peut-être même qu’au final, je n’allais pas apprécier « la vie japonaise »… Bref, c’était encore un grand challenge qui s’annonçait.

Mais la vie japonaise, malgré ses difficultés, m’a au final conquise et m’a permise de m’épanouir. Même si des merdes il m’en est arrivé pas mal : mon ordinateur m’a lâchée, obligée d’en recommander un en catastrophe en France, j’ai fait réparer mon Samsung Galaxy SII pour pouvoir l’utiliser au Japon et il a finalement mourru de surchauffe comme un con en Thaïlande, le LTE acheté d’occasion commence à se faire vieux aussi, mon nouvel ordinateur m’a aussi lâché à son tour, ça a été la guerre avec les kanji et le keigo pour envoyer des mails afin de le faire réparer au Japon sans frais (vu qu’il était encore garantie), heureusement l’histoire s’est bien terminée…

Difficile parfois de tenir en étant loin des proches et dans l’incapacité de s’exprimer librement en raison d’un niveau de japonais encore trop faible. Et même avec du recul, je pense que je m’en suis plutôt bien sortie et que j’ai été trop susceptible pour des petites choses pas bien graves au final ! Je crois que le plus gros échec de mon PVT fut mon super fail au JLPT N4 que j’ai tenté de passer en décembre (eh oui je décide de l’avouer maintenant que j’ai bien digéré la pilule). J’étais à quelques points de l’avoir… Je me suis sur-estimée (pour une fois xD). Mais cette année au Japon, c’est aussi beaucoup de bons moments que je ne suis pas prête d’oublier ! J’ai vécu ce PVT à fond, privilégiant les voyages et la recherche de travail avec l’aide de trois baito cumulés pour tenir financièrement :

  • J’ai été à des festivals en Yukata
  • J’ai rencontré et me suis liée d’amitié avec des japonais(e)s, et je suis surtout proche de Hiromi, Tomo et Emiko qui sont comme trois mamans, et qui m’ont souvent aidée quand j’en avais besoin
  • Et d’un autre côté, l’équipe de l’Izakaya où j’ai travaillé durant ce PVT est devenue un peu une seconde famille
  • J’ai découvert le métier de serveuse, et je me suis rendue compte que finalement ce n’était pas si facile que ça (pas seulement à cause du japonais) ! Mais maintenant je peux me vanter de savoir porter trois assiettes et savoir réaliser des cocktails ! Je tire mon chapeau à celles et ceux qui font ce métier !
  • Je suis devenue plus distraite et moins méfiante, parce qu’au Japon, on a très peu de chance de se faire voler son sac ou agresser dans la rue en pleine nuit. Maintenant je dors dans le train et je traîne dans les rues morbides seuls à 23h-minuit sans craindre quoique ce soit (jusqu’au jour où… je touche du bois ! Haha)
  • Aller au Karaoké est devenue l’un de mes loisirs préférés !
  • J’ai visité pour la première fois Nagano, Matsumoto, Fukui, Ise, Kobe et Himeji
  • J’ai fait du homestay à Nagano et Osaka, et ce fut l’une de mes meilleures expériences au Japon
  • Je suis retournée à Osaka et Nagoya
  • J’ai fêté mon premier Nouvel An « Japonais »… seule, mais suivre la tradition, c’était cool !
  • J’ai vu mes CNBLUE 19 fois (concerts et fanmeetings confondus), quel bonheur
  • J’ai aussi assisté aux concerts de N.Flying, FTISLAND, MAN WITH A MISSION, MUCC, girugamesh… Non vous ne connaissez certainement pas ces groupes mais moi je les adore !
  • J’ai voyagé en Corée du Sud, en Thaïlande et à Singapour
  • On m’a léguée un futon et un kotatsu, deux choses très « japonaises » que je voulais avoir
  • J’ai enfin vu mes premiers fleurs de cerisiers !
  • J’ai testé des cafés à thème sympas, entre autres le Hammock Cafe, le Kawaii Monster Café, l’Ikefukuro Cafe
  • Je suis une abonnée du Starbucks et ses Frappuccino édition limitée qui changent de saveur tous les mois
  • J’ai appris à servir du vin et du champagne en travaillant chez Maison Première, un restaurant de cuisine française qui organise beaucoup de mariages
  • J’ai appris à écrire un CV (c’est chiant), des formules de politesse (que j’ai oublié depuis) et j’ai découvert comment se passait les entretiens d’embauches
  • Mes parents et ma tante sont venus me rendre visite pendant quelques jours où ils ont pu découvrir Tokyo , Kamakura et voir le Mont Fuji. Ils sont repartis conquis, ce qui m’a rendu encore plus heureuse

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Le Japon est bien différent de mon pays d’origine, et même si je m’y sens mieux, j’ai bien pris conscience que ce pays n’est pas parfait et qu’il a aussi des défauts. Je crois que le truc que je déteste en premier ici, c’est le climat. Un hiver plus-sec-tu-meurs où mes mains souffrent le martyr tellement elles sont desséchées, un été chaud et humide avec des moustiques, des cafards mutants énormes, la saison des pluies, un automne où le mois de septembre rime avec typhon. Ensuite, je ne comprend toujours pas pourquoi les japonais n’incluent jamais les taxes sur leurs prix dans les magasins ou les restaurants… Résultat, tu ne sais jamais pour combien tu vas en avoir avant de passer à la caisse ! Quant à la Poste japonaise, elle n’est pas aussi pratique qu’on le croit : dans les bureaux ils n’ont rien pour faire des colis, pas de papier bulle, leur scotch colle à peine (contrairement à la poste coréenne où ils ont tout le matos nécessaire !) et quand ils apportent un colis et que tu n’es pas chez toi, tu as droit à un avis de passage ne te disant pas d’aller chercher ton colis au bureau de ton quartier, mais pour planifier un nouvel horaire… par téléphone ou par internet ! Je trouve ce système tellement pas pratique pour moi xD ! Qu’est-ce que c’est chiant aussi de trouver SI PEU de poubelles dans les rues, elles qui demeurent pourtant SI propres… Avoir des frais par ta propre banque (japonaise) quand tu retires en dehors des heures de bureaux dans les distributeurs qui ne sont pas ouvert 24h/24. Dur aussi de faire ses courses pour plusieurs semaines à l’avance en raison des dates de péremptions trop courtes. La différence énorme de température en plein été entre l’extérieur et les transports trop climatisés qui m’ont souvent valu de chopper pas moins de trois fois une bonne crève à la limite de la grippe en pleins mois de juin. Enfin les trains ponctuels au Japon… Hum oubliez ! C’est un mythe ! Beaucoup, beaucoup moins qu’en France bien sûr, mais il arrive aussi que les trains soient en retard au Japon, si si ! Et Tokyo n’est pas une ville plate… En mamachari, des fois, c’est dur ! Pour le reste, je crois que je m’y suis faite automatiquement. Même les tremblements de terre ne me font pas peur !

Et d’un autre côté, j’aime les kombini que tu trouves dans chaque coin de rue, pour te dépanner à n’importe quelle heure de la journée ou de la nuit, les 100 yens shop comme DAISO où tu trouves pleins de choses et d’inventions pratiques, les natsu matsuri avec les danses traditionnelles et les feux d’artifices splendides. Et j’en passe…

Tokyo by day (1)

En tous les cas, le plus difficile reste : comprendre la langue, décrypter les kanji, notamment pour les tâches administratives qui deviennent un vrai casse-tête ! Mais j’y travaille et je compte bien m’améliorer en japonais aussi longtemps que je serai sur le terrain !

Même mon YongYong Kuma bosse dur !

Bref, ce 22 juin 2015, j’ai l’impression que c’était hier ! Cette année fut riche ! Pas toujours facile mais pleine de bonnes surprises ! Parfois, j’ai même encore du mal à réaliser que j’ai quitté mon laboratoire de chimie en région Parisienne, mon petit studio de 23m² et le pays où j’ai vécu pendant plus de vingt ans.

Aujourd’hui, je suis toujours au Japon. Je n’ai pas de billet d’avion pour rentrer à Paris mais un petit bout de papier m’autorisant à rester 2 mois de plus en attendant…. mon visa travail (tant espéré) !

Depuis mai, j’ai un travail, je suis… prof de français. Alors oui je suis sérieuse (xD) et non je n’ai pas choisi le chemin de la « facilité », parce que je n’avais plus que cette solution ou parce que je me faisais recaler à cause de mon niveau de japonais pourri (car des entretiens j’en ai passé hein !). Deux semaines intensives de formation (car non je ne suis pas diplômée FLE), des soirées et des week-ends à m’entraîner et à préparer des cours, un gros travail sur ma personnalité… C’était et c’est encore maintenant un nouveau et gros challenge car j’en apprend toujours plus chaque jour !

Je ne suis pas encore une super prof mais je ferai de mom mieux. C’est vraiment enrichissant et mes étudiants sont cools et adorables. C’est un plaisir de leur faire cours ! Je travaille chez l’école SYMPA, dans la branche située à Jiyugaoka (si vous allez voir leur site, vous verrez ma super tête de vainqueur -OU PAS-). Je travaille dans une super équipe, pas avec des collègues, mais avec des amies adorables :) ! J’ai du opérer pas mal de changements ; préparer un dossier pour mon visa travail, changer de banque, souscrire à l’assurance maladie de mon travail, créer un hanko… Ces derniers mois n’ont pas été de tout repos !

Mais pour ce qui est du stress et les heures de recherche : c’est FINI !!! L’aventure working holiday se termine, mais une autre démarre ! J’ai compris que malgré les refus, les échecs, les efforts sans résultats, même si on se décourage, tant qu’on abandonne pas complètement, il y a toujours une lueur d’espoir, même une toute petite. « Quand on veut, on peut. »

Anakawa Riverside Fireworks at Minami-Sunamachi (3)

Et si je peux donner un dernier conseil, profitez de votre jeunesse, de ne pas avoir de travail, d’enfants ou de petit(e) ami(e) pour vous lancer dans l’aventure PVT, au moins UNE FOIS, au moins UN pays dans votre vie ! N’hésitez SURTOUT pas ! Cette aventure apporte vraiment beaucoup ! Profitez de voyager, de voir du pays, de découvrir une nouvelle culture, de rencontrer des personnes de différents horizons ! C’est enrichissant et bien plus encore ! Je me suis toujours dit que si je n’avais pas pu prolonger mon séjour au Japon, j’aurais tenté un PVT ailleurs (en premier la Corée), mais je suis désormais trop attachée au Japon pour le quitter, pour l’instant.

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► Feelin way too damn good : J’ai la belle vie avec un futon et un kotatsu !

Ce 8 mars 2016, j’ai, on pourrait presque dire, déménagé. Ou plutôt ce sont mes meubles qui ont déménagé. L’un de mes colocataires m’a annoncé qu’il déménagerait prochainement. De ce fait, il m’a demandée si je voulais récupérer quelques uns de ses meubles. J’avais abandonné les recherches de commode pour ranger mes vêtements et là ça tombait impec’ ! Mais ce n’était pas tout, il m’a aussi fait don de son kotatsu et d’un futon, deux éléments qui équipent souvent les maisons traditionnelles japonaises. Je vous explique ce que c’est !

Personne ne sort de son lit pour dormir par terre… ou presque !

► Kotatsu

Un kotatsu (炬燵) est un support de bois de faible hauteur recouvert d’un futon ou d’une couverture épaisse, sur lequel repose un dessus de table. Le dessous d’un kotatsu est chauffé. C’est le mode de chauffage le plus courant au Japon, le chauffage central étant peu répandu. On s’assoit autour du kotatsu sur des zabuton (coussin japonais pour s’asseoir) posés sur le sol ou sur les tatamis.

La première fois que j’ai vu cette invention géniale, c’était dans le manga Fruits Basket ! Oui, j’ai beaucoup découvert le Japon et ses traditions à travers les manga.. et à ce moment j’étais loin de m’imaginer où ça me mènerait et que je pourrai un jour en profiter chez moi !

► Futon

Un futon (布団) constitue le lit traditionnel japonais, bien que son origine ne le soit pas. En effet, le futon tire son origine en Inde, puis en Chine, avant d’être importé au pays du soleil levant. Très bon pour le dos, il se compose d’un matelas (敷き布団, shikibuton), une couette (掛け布団, kakebuton) et parfois un oreiller (枕, makura). Ceux-ci sont conçus pour être placés sur un sol (le plus souvent composé de tatamis) sont traditionnellement placés dans des placards à portes coulissantes appelés oshiire (押し入れ) pendant la journée pour laisser respirer le tatami et permettre une gestion facile des petits espaces. Ils doivent être régulièrement aérés, surtout si on ne les a pas mis de côté pendant la journée. Une exposition directe au soleil est très conseillée surtout au Japon où le climat est très humide.

De nos jours, les japonais ont plutôt tendance à opter pour les lits occidentaux pour ne pas avoir la corvée de ranger le futon tous les jours… Mais moi j’ai fait le contraire ! J’avais déjà dormi dans un futon lors de mon premier séjour à Nagoya dans un Ryokan, et lors de mon homestay à Nagano. Celui que j’ai reçu de mon colocataire est un shikibuton bien épais, et même si le sol de ma chambre c’est du parquet, je dors confortablement bien dedans !

Je suis vraiment reconnaissante envers mon coloc’ pour avoir eu la gentillesse de me léguer ces meubles ! Tout ça gratuitement ! J’ai donc réaménagé ma chambre, retiré mon lit, le petit bureau et la chaise qui me servaient à rien et qui prenaient inutilement de la place. Ma chambre a désormais plus un côté plus « japonais » et plus « traditionnel » et je suis contente de ce changement. J’apprécie autant le futon qui me permet d’économiser de l’espace la journée. Je m’en fiche d’avoir à le ranger tous les matins et à le sortir au moment de me coucher xD. Et le kotatsu… ah mais c’est un véritable bonheur de pouvoir bosser son japonais, travailler sur mon PC et même manger tout en profitant de sa chaleur et de ses couvertures !


♫ Un article = Une chanson ► Nickelback – Feelin’ Way Too Damn Good

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▶ What I’ve done : Être volontaire pour des essais cliniques au Japon

Lock Up, Shibuya – Août 2014 Le rapport avec l’article ? Les béchers me rappellent le monde médical haha.

Je suis venue au Japon avec l’intention de tout tenter, et ce jusqu’à me rendre à… l’hôpital, un des endroits que je préfère pourtant le plus éviter ! Mais cette fois, je ne m’y suis pas rendue parce que j’étais malade ni pour rendre visite à un malade, mais pour participer à des… essais cliniques. Au Japon, pour les étrangers, c’est possible aussi !

Alors les essais cliniques… Oui c’est toute une histoire, il y a des risques, on peut s’en sortir avec des séquelles… Bla bla bla. Je suis au courant et je n’ai pas besoin qu’on me fasse la morale. Ma mère me l’a déjà faite quand je lui ai annoncé ma participation, merci j’ai compris les risques et je les ai bien pris en compte avant de me lancer. Et je ne fais pas de cet article une incitation à vous lancer à votre tour (le choix vous revient, vous êtes grands hein), mais juste un simple partage d’expérience personnelle.

Pour cette histoire, je reviens à début novembre, quand j’ai reçu un mail m’invitant à venir participer aux pré-sélections pour un essai clinique de trois nuits sur un antibiotique dans une des cliniques de Tokyo. La première fois que j’avais entendu parler de ça, c’était via une invitation reçue sur GaijinPot. A la recherche de femmes de type européen à qui on verse une compensation à la fin du séjour, j’ai décidé de répondre oui. Participer à des essais cliniques ; c’est peut-être risqué, mais j’y ai aussi vu un moyen de me rendre utile, d’aider la médecine à évoluer et, je ne nie pas hélas, de gagner un peu d’argent. Je ne donnerai pas plus de détails sur le médicament en question ni l’hôpital.

Cet essai clinique s’est déroulé en plusieurs étapes. Bien entendu, il y a des restrictions à suivre et il faut être dans les conditions conformes à l’essai, au risque que vous soyez dégagé au cours d’une des étapes :

  1. Inscription par e-mail : on complète un questionnaire envoyé avec l’invitation que l’on renvoie par e-mail.
  2. Participation aux pré-sélections : explication des différentes étapes de l’essai, passage de premiers examens à l’hôpital
  3. Participation aux sélections : si vous êtes retenus, on vous invite à venir aux sélections, qui se traduit par une rencontre avec le médecin, des examens plus approfondis et la signature du formulaire de consentement après lectures des conditions détaillées et du programme de l’essai.
  4. Participation à l’essai clinique : on a été 15 personnes sélectionnés pour venir séjourner à l’hôpital. 10 ont reçu le médicament, les 5 autres étant des back-up au cas où les examens médicaux montraient des résultats non-conformes et qu’une personne n’était plus apte à participer.
  5. Visite de suivi quelques jours après l’essai clinique : derniers examens pour confirmer que tout est en ordre

Pour ma part j’ai été jusqu’à l’étape 4 haha. J’ai fini back-up et comme les 10 participantes étaient en norme, j’ai pu rentrer chez moi dès le deuxième jour avec une petite compensation. La raison ? J’ai apparemment du cholestérol (et son taux était hors des limites acceptables). Il a fallu que j’aille jusqu’à un essai clinique pour faire cette découverte ! Donc, oh inconsciente Kimi de te lancer là-dedans ! Mais le bon côté est que j’ai fait cette découverte ! Les médecins étaient assez surpris en voyant ma carrure. C’est vrai, un taux de cholestérol élevé c’est plutôt étonnant quand on pèse 47 kg, qu’on pratique une activité physique, et qu’on vit dans un pays comme le Japon où la nourriture est assez saine en partie. Merci les gènes. Une petite déception forcément, car à part ça, je remplissais toutes les conditions, j’étais en très bonne santé, avec jamais aucun séjour à l’hôpital pour une intervention ou un quelconque accident. Maintenant, je me sens obligée de surveiller mon alimentation, moi qui aime tellement la bouffe ici et qui aime avoir mes petits plaisirs en cochonneries, comme mes dorayaki ou mes crêpes achetées dans Takeshita Street T^T.

Me passer de tout ça vraiment ? Ca risque d’être dur !

Bref, passons. En me rendant dans cet hôpital, pour une fois, je n’avais pas ce sentiment de malaise. Les infirmières et médecins étaient très serviables et gentils. Les infirmières sont trop mignonnes, quand elles vous font une prise de sang, elles disent : « Nous sommes désolées, ça va piquer et faire un peu mal, gomennasai ! Gomennasai !! » (= Désolé). Pendant mon (très court) séjour à l’hôpital, on avait accès au Wi-Fi, on avait une TV, les lits étaient assez confortables (j’ai bien dormi) et les repas plutôt bons (et équilibré, ça a peut-être fait baisser un peu mon cholestérol, hahaha). Par moment, j’oubliais un peu que j’étais dans un hôpital.

C’est une expérience à risque certes, mais quand on veut tout tenter dans la vie, on y va. C’est le genre de choses qui va attirer les personnes munies d’un PVT ou d’un visa de résident permanent. Cela demande d’être disponible n’importe quand pendant plusieurs jours d’affilés.


♫ Un article = Une chanson ► Linkin ParkWhat I’ve done

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► My number マイナンバー : Nouveau code d’identité

Ceux qui résident au Japon sauront de quoi je parle. Je suis même sûre que vous avez tous vu la petite pub à la télé avec le petit lapin.

My number (マイナンバー), le nouveau système d’identification de tous les résidents sur le territoire japonais. Tels des robots nous avons tous un code, un numéro pour nous identifier -je sors?-. Il s’agit d’un nouveau numéro qui combine à la fois la sécurité sociale et l’identification fiscale. Celui-ci a été mis en place depuis octobre 2015.

Wouh, ça a l’air barbant comme sujet non ? Oui, comme toute tâche administrative hahaha. Cependant j’ai eu envie d’en parler car avoir ce numéro est primordial et que vous devez le communiquer à votre employeur si vous travaillez. Même étranger, le simple fait que vous soyez un résident sur le territoire japonais fait que vous êtes vous aussi concerné par ce Mai nanbaa~ Et puis pour ma part, ce truc n’a pas été facile à comprendre du tout et j’ai du faire des démarches supplémentaires pour obtenir mon numéro. Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué hein ?

My Number : Nani kore ?

Numéro à douze chiffres d’identification fiscale et de sécurité sociale. Y a pas plus court comme nom ? Si, on l’appelle aussi Individual Number ou My Number (マイナンバー). My Number est délivré à partir du système d’identification fiscale et de la sécurité sociale tous deux combinés afin de relier et rassembler des renseignements personnels dispersés à travers plusieurs agences sous le nom d’une personne auquel il appartient. Ce système sert d’infrastructure sociale pour améliorer l’efficacité et la transparence des systèmes de sécurité sociale et de fiscalité, apporter une plus grande commodité, et créer une société juste et équitable. Les résidents étrangers enregistrés comme résidents au Japon (résidents à mi-parcours, résidents permanents) reçoivent également leur My Number.

A quoi ça sert ?

  • Vous devez communiquer votre My Number à votre employeur dans le cadre d’une utilisation pour la création de certificats de revenu et d’impôt anticipé, nécessaires pour les procédures de sécurité fiscales et sociales.
  • Vous devez communiquer votre My Number aux compagnies d’assurance pour des documents juridiques utilisés pour les procédures fiscales.
  • Vous devez communiquer votre My Number au service retraite pour réclamer vos prestations.
  • Vous devez communiquer votre My Number au service municipal pour recevoir des prestations d’aide sociale.

Procédure d’obtention

  • Votre office municipal envoie une carte de notification (通知カード) contenant votre My Number (ainsi que votre nom, adresse et date de naissance) à l’adresse que vous avez enregistré au dos de votre carte de résident. Assurez-vous d’être à jour au niveau de vos coordonnées. Si l’adresse est erronée, vous ne recevez pas le courrier. Vous devez être présent à votre domicile au moment de la livraison. Si ce n’est pas le cas, la Poste vous laisse une notice de non-livraison, vous devez alors appeler le numéro inscrit sur le papier pour donner une nouvelle date de livraison (en vous assurant d’être présent cette fois). Vous devez le faire dans un délais d’une semaine. Les premières cartes ont été envoyées début octobre 2015.
  • Cette carte de notification est à garder précieusement car elle est la preuve que vous possédez votre My Number.
  • Une fois votre My Number obtenu, vous pouvez demander une My Number Card en envoyant par la poste une demande d’application avec photo d’identité ou en faisant une demande par internet. Les cartes sont délivrées à partir de janvier 2016. Vous recevez d’abord une notification comme quoi votre carte est prête. Vous avez alors le choix entre la faire livrer chez vous ou d’aller la récupérer à l’office de votre quartier avec votre carte de notification (通知カード), la notification vous précisant que votre carte est prête et votre carte de résident. L’obtention de cette carte est gratuite.

My Number Card, oui mais pourquoi faire ?

  • Cette carte prouve votre identité et votre My Number à la fois pour toutes les procédures concernées. Elle fait aussi office de carte d’identité.
  • Vous pouvez y ajouter un certificat électronique (gratuit) et l’utiliser pour vos déclarations fiscales en ligne.
  • Vous pouvez utiliser votre carte pour recevoir différents services offerts par votre municipalité.

Nous n’avez pas obtenu votre My Number : pas de panique !

Kimi est passée par là, elle vous raconte !

Eh oui, ce genre de choses, ça m’arrive toujours 8D. Je n’ai pas reçu la carte de notification puisque je n’étais pas présente à mon domicile (j’étais à Fukui à ce moment-là). Pire, je suis rentrée à Tokyo fin novembre donc oui, la petite notice de non-livraison m’attendait sagement mais j’avais dépassé le délais pour pouvoir demander une nouvelle date de livraison !

Qu’est-ce que j’ai fait ? Rien du tout ! (J’ai écouté la Coqui-magique de Bob l’Eponge 8D). A ce moment, je ne savais pas ce que ça concernait ! Puis c’est quand j’ai reçu une mystérieuse lettre de l’office de Shibuya que j’ai décidé de me rendre à l’office afin de trouver réponses à mes questions.

C’est au même endroit que pour enregistrer son adresse. A l’arrivée vous récupérez un ticket auprès d’une borne en choisissant l’option resident change notification. Si vous n’avez pas pu récupérer votre My Number, vous avez alors deux choix possibles : demander à faire renvoyer votre carte de notification (en vous assurant d’être présent à votre domicile bien sûr) ou venir vous-même la récupérer à l’office. Dans les deux cas, vous remplissez un papier avec nom, adresse, numéro de téléphone, choix de récupération souhaité, etc… (le staff vous aide si vous ne pouvez pas lire les kanji). Pour ma part, vu que je bosse, j’ai choisi d’aller récupérer mon My Number moi-même.

Quand vous vous rendez à l’office pour récupérer votre carte de notification, les opérations sont les mêmes. Vous précisez que vous venez récupérer votre courrier. Le staff vérifie votre carte de résident et vous remplissez un nouveau papier avec nom, adresse et numéro de téléphone. Vous patientez quelques minutes le temps qu’ils rapportent votre courrier à récupérer à un autre guichet (à Shibuya, c’est le troisième). Et tadam ! C’est fait. Vous obtenez enfin votre courrier non-livré contenant votre carte de notification plus un formulaire de demande de carte avec une enveloppe si vous souhaitez avoir une My Number Card.

Si vous n’avez pas encore votre My Number, vous avez jusqu’au 29 février 2016, ne tardez plus !

Un grand merci à l’adorable interprète de l’office de Shibuya pour m’avoir fournie toutes les informations du My Number en anglais !


♫ Un article = Une chanson ► Linkin ParkNumb(er one -je sors-)