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► Boulevard of (un)broken dreams : Chercher un logement au Japon

Ma future maison… Un jour peut-être !

Je donne une suite à cet article, car après avoir trouvé un travail et obtenu mon visa travail, il était temps pour moi de… déménager ! Un salaire bien mieux que trois baito cumulés, le sentiment de me sentir de plus en plus à l’étroit dans ma share house… Oui, là il fallait que je passe à l’étape suivante : déménager… Précisément, avoir un appartement, un vrai, rien que pour moi !

Chercher un logement au Japon ; le guide par Kimi, basé sur sa propre expérience !

De ce que j’avais entendu, chercher un logement au Japon quand on est étranger relève d’un véritable parcours du combattant, et après être passé par là, je ne déconne pas xD. Et ce n’est pas la peine de vous lancer là dedans si vous n’avez pas les choses suivantes : un statut de résident, un travail (et PAS un baito) et beaucoup, beaucoup d’argent ! Car oui, il faut savoir que se procurer un logement au Japon demande des économies énormes (qui pour moi pouvaient être jusqu’à l’équivalent de trois fois mon salaire, haem…).

► First Step : recherches, critères & frais

Ne sachant pas trop comment procéder et ne connaissant aucune agence qui pouvait accepter des étrangers, j’ai commencé mes recherches au même endroit où j’ai commencé mes recherches de boulot : sur le site GajinPot, qui possède aussi une section pour les logements. Par GaijinPot, j’ai pu trouver plusieurs annonces de diverses agences et directement envoyer une demande de visite. Ensuite c’est directement l’agence en question qui répond pour fixer un rendez-vous pour une visite, voir proposer d’autres logements selon vos critères. Les choses à préciser et que les agences vous demanderont toutes :

  • La surface désirée, le type de logement et votre budget
  • La station de train la plus proche de votre zone de recherche (et éventuellement la distance maxi entre le logement et la station)
  • La date à laquelle vous souhaitez emménager (évitez de dire que vous souhaitez emménager dans deux ou trois mois et soyez prêt à signer dans l’immédiat si un appartement vous plait, les agences japonaises ne traînent pas, et puis il y a toujours de nombreux logements de disponibles à tout moment !)
  • Combien de temps vous comptez rester
  • Votre nationalité
  • Votre niveau de japonais
  • Votre type de visa

Les types d’appartements au Japon sont nommés comme suit :

  • 1R : R pour Room, une seule pièce avec la cuisine et la salle de bain comprises
  • 1K / 2K / 3K : K pour Kitchen, une/deux/trois chambre(s) (se référer au chiffre), une salle de bain, une cuisine très petite souvent disposée dans l’entrée et faisant la liaison avec la pièce à vivre
  • 1DK / 2DK / 3DK : D pour Dining, K pour Kitchen, une/deux/trois chambre(s), une grande salle à manger avec la cuisine, une salle de bain
  • 1LDK / 2 LDK / 3 LDK : L pour Living, D pour Dining, K pour Kitchen, une/deux/trois chambre(s), une grande salle à manger/pièce à vivre avec la cuisine, une salle de bain

Ensuite pour les surfaces et prix, c’est comme partout : plus vous vous éloignez du centre, plus vous pouvez avoir un logement plus grand pour moins cher. Le loyer varie aussi selon si vous êtes situés dans une zone bruyante ou pas, près de la gare ou de divers commerces… Pour vous donner un exemple, je me base sur un studio que j’ai visité dont le loyer était de 55 000 yens. Les frais d’entrée dans un appartement comprennent :

  1. Le loyer de base : 55 000 yens
  2. Les charges : 6 500 yens
  3. La caution 敷金 : qui la plupart du temps n’est pas remboursable car elle est utilisé pour réparer les éventuels dommages causés dans l’appartement (un peu comme chez nous au final). Équivalent à un mois de loyer : 55 000 yens
  4. Le « cadeau » au propriétaire 礼金 : ce système vient de la seconde guerre mondiale, alors que Tokyo était en reconstruction, les logements se faisaient très très rare et afin de pouvoir acquérir un logement, les locataires offraient de l’argent en plus aux propriétaires, et depuis, ce supplément existe toujours (hahaha chouette pour le porte monnaie). Équivalent à un mois de loyer, parfois deux mois : 55 000 yens
  5. Les frais d’agence, environ un mois de loyer ou selon l’agence : 59 400 yens
  6. L’assurance incendie (valable pour la durée du contrat, soit un an ou deux ans), varie selon l’agence et la compagnie d’assurance : 16 200 yens
  7. Les frais de nettoyage avant l’entrée, varie selon la surface et l’agence : 35 000 yens
  8. Les frais de garant, comme vous êtes étrangers, l’agence se porte automatiquement garant, le montant varie selon l’agence ou parfois c’est l’équivalent d’un mois de loyer : 30 750 yens
  9. D’autres frais peuvent s’ajouter selon les agences (frais pour le changement de la clef et du système de verrouillage, service assistance 24h…)

Ce qui fait un total de : 312 850 yens, soit 2 760 euros ! Pour informations, il s’agissait d’un studio 1R de 16 m² sans AUCUN meuble, même pas un frigo, sans internet (donc forfait à souscrire à part pour en moyenne 5 000 yens par mois) situé à 30 minutes de Shibuya dans l’arrondissement de Setagaya.

Au début, je n’avais pas de critères particuliers, mais après la visite de deux appartements de 16 m² (que j’ai jugé trop petit ><) sans meubles avec des frais énormes, je me suis imposée mes critères et j’ai décidé d’être plus sélective : pas de cadeau (ils vont se faire f****** je ne suis pas riche), des meubles, un garage à vélo, du rangement, pas un loyer dépassant 70 000 yens, minimum 23 m², et internet.

► Second Step : agences & visites

Je suis entré en contact avec cinq agences différentes et j’ai visité 4 appartements. Je vous donne leurs noms car ils parlent anglais, leurs logements sont propres et ils répondent assez rapidement. Mais notez que toutes ces agences peuvent vous proposer le même logement ! A vous de voir celle qui fera la meilleure offre !

L’organisation d’une visite fonctionne comme suit : vous avez rendez-vous à l’agence pour commencer à établir un dossier avec vos critères. Ensuite vous allez visiter les appartements qui ont attiré votre attention. Dans le cas de AghartA, ils m’ont envoyée seule visiter les appartements en me donnant le code d’entrée par téléphone (je devais donc leur téléphoner une fois arrivée et juste avant de partir pour verrouiller à nouveau la porte). Si je choisissais un de leur appartements, un nouveau rendez-vous était fixé pour signer le contrat. Dans le cas de BALLEGGS, l’agent vous emmène en voiture visiter et si c’est le coup de cœur, vous retournez à l’agence pour signer. Pour les autres agences, je n’ai pu échanger que quelques mails avec eux seulement.

► Third Step : le bon choix, ou le coup de cœur

J’ai commencé mes recherches début juin. Entre les rendez-vous, les e-mails à envoyer, le temps filait rapidement. Et il fallait absolument que je quitte ma share house avant fin août, date de fin de mon contrat car un renouvellement impliquait le paiement de l’assurance pour une nouvelle année… Non et non. Je devais partir avant !

Puis je suis finalement tombée sur une annonce pour un logement meublé situé vers Nerima (au nord ouest de Tokyo) et avec un loyer abordable, proposé par l’agence Leopalace 21. Hélas, une fois entré en contact avec l’agence, on m’annonce que cet appartement vient d’être réservé, mais qu’il y en a d’autres de disponibles à d’autres endroits. Et c’est finalement un de leurs appartements que j’ai choisie après la visite !

Le coup de cœur a été immédiat. J’avais pu voir en vidéo comment était l’appartement. J’étais quasi sûre de le choisir car le temps était compté, que je ne trouverais peut-être pas mieux à un meilleur prix, et aussi parce que Leopalace 21 faisait une promotion pour le mois de juillet : pas de cadeau, pas de caution, pas de frais d’agence, pas de facture d’eau, et les loyers d’août et de septembre offerts ! Une offre bien alléchante, si alléchante que j’avais peur de me faire avoir ! Mais Leopalace 21 est un grand et bon groupe, et j’ai bien posé le maximum de questions pour avoir le plus d’informations possible ! Je trouve que c’est une bonne agence, puisqu’elle répond surtout aux demandes des étrangers résidant au Japon, grâce à la présence d’un personnel parlant anglais, coréen et chinois. On peut trouver des logements de tout type partout au Japon. Il y a également des logements pour les étudiants et les personnes en voyages d’affaires cherchant un endroit où loger sur le court-terme. Il y a un forfait Internet (optionnel) et les logements sont meublés et sécurisés.

J’ai visité l’appartement un 24 juillet et j’étais convaincue ; je voulais finalement celui-là ! Aussitôt dit, aussitôt fait ! Immédiatement, je me suis rendue en compagnie de l’agent à la branche de Leopalace 21 située à Yokohama pour établir et signer le contrat !

► Fourth Step : signature du contrat

Le logement est trouvé, il faut maintenant passer à la partie administrative : création du contrat et sa signature ! Pour établir votre dossier, vous devez impérativement fournir les documents et informations suivantes :

  • Votre carté de résident et votre passeport
  • Votre numéro de téléphone (japonais)
  • Votre adresse actuelle
  • L’adresse et le numéro de téléphone de votre employeur
  • Document(s) justifiant de votre statue d’employé (contrat de travail, fiche de paie)
  • Vos coordonnés bancaires (passbook ou carte de crédit) pour le paiement mensuel de votre loyer
  • Les coordonnés d’une personne (membre de votre famille) résidant dans votre pays d’origine en cas d’urgence
  • Les coordonnés d’une personne résidant au Japon en cas d’urgence, en précisant quelle relation vous entretenez

Chez Leopalace 21, vous remplissez en premier lieu un formulaire d’application avec toutes les informations demandées ci-dessus. Il est en japonais mais une traduction en anglais est fournie pour vous aider à le remplir. Il y en a un exemplaire pour l’agence et un exemplaire pour vous.

Ensuite c’est la pluie de documents : une fiche descriptive de votre appartement avec le plan et la liste des utilités, les numéros de téléphone utiles (service en anglais disponible), une notice avec ce qu’il faut faire le jour de l’emménagement (en anglais), le règlement intérieur de la résidence (en anglais), l’organisation des poubelles, une notice expliquant comment démarrer internet (en anglais), un justificatif pour récupérer les clefs, un formulaire pour l’était des lieux d’entrée, un formulaire de départ, et pleins d’autres documents avec pleins d’informations, et les plus importants, votre contrat d’assurance et votre bail ! La durée d’un contrat sur le long-terme est de deux ans. Dans le cas d’un départ avant la fin du contrat, le petit formulaire de départ est à remplir et il faut payer l’équivalent d’un mois de loyer plus des frais de nettoyage. Dans le cas d’un renouvellement du contrat, il faut payer des frais (moi ça sera environ 28 500 yens).

Puis c’est le moment de payer ! Le premier paiement se fait par carte de crédit ou espèces. J’ai vidé une bonne partie de mon nouveau compte en banque fraîchement créé mais grâce à la promotion, j’ai pu échapper au découvert xD. Voici ce que comprenaient mes frais d’entrée :

  • L’assurance incendie (valable deux ans) : 15 850 yens
  • Les frais d’entretien de la résidence pour les mois d’août et septembre : 1 080 yens
  • Internet pour les mois d’août et septembre : 4 536 yens
  • Les frais de nettoyage : 23 328 yens
  • Les frais de garant : 63 308 yens

Total : 108 102 yens (soit environ 955 euros). L’électricité et le gaz seront payés à part tous les mois (compter environ 10 000 yens par mois d’après l’agence). Grâce à la promotion, je suis épargnée de la facture d’eau.

Je peux donc annoncer que je quitte ma share house ! Pour ça pas grand chose à faire. Juste à remettre le formulaire de départ en précisant à quelle date vous quitterez définitivement votre logement et les coordonnés bancaires pour être remboursé de la caution.

J’espère que ce petit guide vous aidera à comprendre un peu comment marche la recherche de logement au Japon. N’hésitez pas si vous avez des questions ^^.


♫ Un article = Une chanson ► Green Day – Boulevard Of Broken Dreams

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▶ Tanabata (七夕🎋)

Le 7 juillet, non ce n’est pas le jour du Roi des Démons comme pourraient le croire les personnes qui ont trop lu ou regardé NANA, mais plutôt le jour de la fête du Tanabata (七夕🎋🌌) ! Avez-vous remarqué peu avant cette date des branches de bambous feuillues devant les habitations, les écoles ou les magasins sur lesquelles sont accrochés des bouts de papiers avec des mots écrits dessus ? Ce n’est pas pour rien, c’est pour célébrer la fête du Tanabata !

Tanabata : une belle histoire (七夕、美しい物語)

Tanabata (七夕, littéralement « la septième nuit ») est la célébration annuelle des étoiles japonaise, qui pioche son origine dans la fête des étoiles chinoise Qīxī. Tanabata, c’est avant tout une légende, une histoire touchante, celle d’Orihime (織姫/織女, étoile de Vega) et Hikoboshi (彦星, étoile d’Altaïr), également appelés le Bouvier et la Tisserande. Tous deux viennent de deux mondes différents, ils sont très amoureux mais leur amour les empêche de remplir leurs propres tâches dans leur monde respectif. C’est pourquoi Dieu les a séparés par la Voie Lactée (天の川, une rivière d’étoiles qui traverse le ciel). Mais l’amour des deux amants séparés est si fort et les pleurs incessants que seulement une fois par an, le septième jour du septième mois lunaire du calendrier luni-solaire, Orihime et Hikoboshi sont autorisés à se rencontrer sur la Voie Lactée.

Tanabata : une charmante tradition (七夕、素敵な伝統)

Habituellement, on célèbre le Tanabata le 7 juillet, juillet étant le 7ème mois de l’année. Cependant, si on se fie au calendrier luni-solaire, le 7ème jour du 7ème mois tombe plus aux alentours du mois d’août que du mois de juillet. De ce fait, certaines régions du Japon célèbrent le Tanabata le 7 août.

La coutume veut que l’on élève des branches de bambou feuillues (笹の葉) dans les jardins et dans les rues, et que les personnes écrivent des poèmes, quelques mots ou des souhaits (お願い) sur des tanzaku (短冊, petite carte verticale utilisée à l’origine pour écrire des poèmes) ou des longues bandes de papier colorés qui sont nouées aux feuilles de bambou. Beaucoup de japonais profitent aussi de cette fête pour porter le yukata. On dit qu’Orihime et Hikoboshi feront que les vœux deviennent réalité. Après avoir été décoré, vers minuit ou le jour suivant l’arbre en bambou est jeté dans un fleuve ou brûlé pour que les vœux se réalisent.

La fête du Tanabata est célébrée depuis l’ère Edo avec des rituels shinto. De nos jours, on s’intéresse moins à ces rituels mais la coutume d’accrocher les vœux demeure dans des temples, parcs ou encore les rues commerçantes. A Tokyo, il y a par exemple celle du temple Zojoji (増上寺) ou bien celle de la rue commerçante du quartier d’Asagaya (阿佐谷商店街). Ceci dit, l’une des plus célèbres fêtes du Tanabata reste sans doute le festival du Tanabata de Sendai (仙台七夕) qui se déroule du 6 au 8 août.

Enfin, ceux qui ont la possibilité de se procurer des branches de bambou feuillues (笹の葉) et des tanzaku (短冊) peuvent célébrer la fête à domicile ! Dans les écoles maternelles également, on ne manque l’occasion de fêter le Tanabata ! Environ une semaine avant, on va élever dans l’enceinte des écoles les branches de bambou auxquelles chaque enfant va y accrocher son vœu écrit sur un tanzaku.

• Zojoji Tanabata Matsuri (増上寺七夕祭り)

La fête du Tanabata au temple Zojoji (増上寺) emmène littéralement ses visiteurs pour un voyage parmi les étoiles. Passé l’entrée principale du temple, pas moins de 3700 lanternes sont posées au sol, symbolisant la voie lactée. Vêtu ou non d’un yukata, chacun est invité à aller prier et écrire son vœu sur un tanzaku pour ensuite l’accrocher à une branche de bambou.

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Zojoji Tanabata Matsuri (増上寺七夕祭り)
Dates : 6 & 7 juillet (9h à 21h)
Lieu : Zojoji Temple (増上寺)
Adresse : 4-7-35 Shiba-Koen, Minato-ku, Tokyo (東京都港区芝公園4-7-35)
Accès : Daimon Station (Asakusa Line, Oedo Line) sortie A6, Shiba-koen (Mita Line) sortie A4
Site internet : https://www.zojoji.or.jp/event/ev_tanabata.html
Facebook : zojoji | Instagram : @zojoji_enzan1393_official | Twitter : @zojoji_official
Youtube増上寺公式チャンネル

• Décoration Tanabata au Parc Yamadaike (山田池公園七夕飾り)

Au parc Yamadaike (山田池公園) situé dans la préfecture d’Osaka (大阪府), pas de fête de prévue mais les visiteurs peuvent venir y écrire leurs vœux pendant une semaine. Si ils le souhaitent, ils peuvent en plus repartir avec une branche de bambou feuillue. Une occasion de célébrer en plus la fête chez soi avec une petite décoration.

Décoration Tanabata (七夕飾り)
Dates : du 1 au 6 juillet
Lieu : Yamadaike Park (山田池公園)
Adresse : 1-1 Yamadaike Park, Hirakata, Osaka (大阪府枚方市山田池公園1−1)
Accès : Deyashiki Bus Stop (Keihan Bus 18, 20)
Site internet : https://yamadaike.osaka-park.or.jp
Facebook : yamadaike park | Instagram : @yamadaikepark

• Asagaya Tanabata Matsuri (阿佐ヶ谷七夕祭り)

Le quartier d’Asagaya (阿佐ヶ谷), situé dans la partie ouest de Tokyo fait partie des endroits du Japon où on célèbre le Tanabata en août. Le festival du Tanabata d’Asagaya (阿佐ヶ谷七夕祭り) s’étend sur plusieurs jours jusqu’au 7 août. On y retrouve des décorations réalisées par les propriétaires des magasins et des stands de nourritures et boissons.

La tradition perdure depuis plus de 60 ans et son lancement a été décidé afin d’attirer davantage de visiteurs dans la rue commerçante malgré l’été très chaud et difficilement supportable, alors qu’à l’époque les climatiseurs étaient encore très rares.

Dans la rue commerçante Pearl Center (パールセンター商店街), dont l’entrée se situe près de la gare, ou encore dans l’avenue Suzuran (すずらん通り商店街), les banderoles cylindriques appelées fukinagashi (吹き流し) réalisées en papier japonais bruissent agréablement, procurant une douce sensation de fraîcheur alors qu’on tente de survivre à la forte chaleur de l’été.

Des décos multicolores en tout genre, représentant le plus souvent des personnages de films d’animations, appelés haribote (はりぼて) sont suspendues au plafond et reflètent la bonne humeur et la vivacité de leur créateur, les commerçants. Ces derniers mettent également en vente leurs meilleurs produits sur des stands, organisent de petits événements tels que des animations et des jeux pour enfants et vendent de la nourriture et des boissons. C’est plus d’une centaine de magasins qui se mobilisent pour rendre le festival exceptionnel auquel des milliers de visiteurs se joignent chaque jour.

On peut faire des achats, manger et s’amuser tout en parcourant la longue rue jusqu’au bout et ainsi se souhaiter les meilleurs vœux, la santé, la longévité et la réussite, qu’elle soit professionnelle ou personnelle.

Asagaya Tanabata Matsuri (阿佐ヶ谷七夕祭り)
Dates : du 3 au 7 août (10h à 22h)
Lieu : Asagaya Pearl Center (阿佐ヶ谷パールセンター)
Adresse : Asagaya Minami, Suginami-ku, Tokyo (東京都杉並区阿佐谷南)
Accès : Asagaya Station (JR Chuo Sobu Line, JR Chuo Line Rapid) sortie sud
Site internet : http://www.asagaya.or.jp/tanabata/tanabata.html

Célébration du Tanabata : Kimi témoigne 

La première fois que j’ai entendu parler du Tanabata, c’était en lisant le manga NANA (eh oui tout a commencé avec ça, j’ai des super références). J’avais vraiment envie de voir à quoi ressemblait cette fête en réalité. Lors de ma première année en PVT en 2015, grâce à la guest house où je travaillais, j’ai appris qu’une fête du Tanabata se tiendrait justement le 7 juillet au temple Zojoji. J’avais donc proposé à des amies japonaises d’y aller. Cette fête était aussi l’occasion pour moi de porter mon yukata.

Je n’avais pas trouvé de meilleurs endroits que les toilettes, désolée !

Nous nous étions donc rendues au temple Zojoji, pour le Tanabata Festival aux alentours de 19 heures. Pour infos, à 19 heures il fait déjà nuit au Japon. Donc en arrivant, nous avions pu voir toutes les lanternes éclairant l’enceinte du temple Zojoji avec en arrière plan la tour de Tokyo illuminée. Comme le veut la tradition, nous avions écrit nos vœux sur un tanzaku avant de les accrocher à une branche de bambou.

Chose qui n’a pas grand chose à voir avec la fête du Tanabata, mais je me rappelle que pour terminer la soirée, nous étions allées manger près du temple, dans un restaurant de sushis. Des sushis en tout genre (des makis et nigirizuhis au saumon, thon, crevette, omelette, tous avec du wasabi dedans), des tempuras et d’autres spécialités que je connaissais pas, comme les boulettes aux crevettes et du tofu frit et mariné au miso. Voilà tout ce qu’on s’est mis sous la dent !  美味しかった♡ !

Ce fut une très bonne soirée de passée pour mon premier Tanabata et la parfaite occasion de porter mon yukata !

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Avez-vous déjà célébré le Tanabata ? Vos vœux se sont-ils réalisés ?


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▶ Raise your flag : Obtenir un Visa Travail (就労ビザの取得)

À l’approche de la fin du Visa Working Holiday, une partie des expatriés souhaite poursuivre l’aventure nippone après une première année convaincante. Après un PVT non renouvelable, il faut s’orienter vers un autre type de visa. Celui que nous allons aborder dans cet article est le Visa Travail (就労ビザ).

Dans cet article, Kimi vous explique les démarches pour demander un changement de statut et ainsi obtenir son premier visa travail.

Oui, depuis un Visa Working Holiday entre autres, il faut donc procéder à un changement de statut. Cette demande s’applique aux ressortissants étrangers qui séjournent déjà au Japon et souhaitant modifier leur statut actuel de résidence. Il faut effectuer la demande avant la date d’expiration du statut actuel. Il est préférable de commencer les démarches un mois avant environ.

Documents à fournir pour constituer le dossier

Le dossier est à la fois préparé par vous-même et votre employeur qui doit fournir des documents supplémentaires, notamment sur l’entreprise et ses activités. Ces documents dépendent du type de statut de résidence (在留資格) souhaité.

  • Le formulaire de demande de changement de statut (在 留 資 格 変 更 許 可 申 請 書) partie employé (申請人等作成用 ) et partie employeur (所属機関等作成用)
  • Une photo d’identité (証明写真) format 3*4cm datant de moins de 3 mois
  • Une photocopie du passeport en cours de validité et de la carte de résident actuelle (パスポート及び在留カード(表裏)の写し)
  • Une photocopie du contrat de travail (労働契約書の写し)
  • Une photocopie du dernier diplôme (最終卒業証書の写し)
  • Une attestation de travail (在職証明書) fournie par l’employeur
  • Documents justifiant les activités de votre employeur et de ses bénéfices (全部事項証明書, 決算文書) fournis par l’employeur
  • 4 000¥ en timbres fiscaux (収入印紙) à payer si l’application est acceptée, le jour du retrait du visa. Le prix varie selon le statut.

Préparer le dossier

Contrairement au PVT, la préparation du dossier s’avère moins laborieuse ! Pas mal de paperasse mais moins de choses à écrire !

  • Le formulaire de demande de changement de statut (在 留 資 格 変 更 許 可 申 請 書) : à télécharger ici ou à récupérer en format papier dans les bureaux d’immigration et à compléter en anglais ou en japonais. Il y a différents formats selon le statut de résidence (在留資格), l’objet du séjour et les activités professionnelles effectuées au Japon (Engineer/Specialist in Humanities/International ServicesStudent, Permanent Resident…) mais les informations à remplir sont en général les mêmes. Il faut donc choisir le bon statut de résidence (在留資格) en fonction de l’activité exercée au Japon. La liste se trouve sur cette page. Sur une première page, renseigner les informations personnelles : nationalité (国 籍), nom (氏 名), coordonnés, emploi (職 業), numéro du passeport (旅券番号), statut de résidence actuel (現に有する在留資格) ainsi que la date d’expiration (在留期間の満了日), numéro de la carte de résident actuelle (在留カード番号), statut de résidence souhaité (希望する在留資格) ainsi que la durée (在留期間), raison du changement (更新の理由). Concernant le statut, la liste est disponible sur la deuxième page du formulaire selon les activités souhaitées. Puis sur la dernière page, renseigner les coordonnés de l’employeur (勤務先), le parcours académique (最終学歴) et professionnel (職 歴).
  • Et c’est le seul document à remplir par le demandeur du visa !

Dépôt du dossier

C’est là que c’est plus contraignant ! Aller au bureau d’immigration ayant juridiction sur la préfecture du lieu de résidence. Ils ouvrent du lundi au vendredi de 9h00 à 16h00. On compte plusieurs bureaux et plusieurs branches dans chaque région qui couvrent les différentes préfectures. Les grands bureaux, soit les sièges sociaux de chaque région sont incroyablement bondés et demandent parfois de camper pour être sûr d’être dans les premiers et d’en finir le plus tôt possible. Les succursales étant pour certaines des bureaux beaucoup plus petits sont moins animées.

Donc pour ne pas passer sa journée au bureau, arriver avant l’ouverture et opter pour une succursale !

Tokyo Regional Immigration Bureau
Adresse : 5-5-30 Konan, Minato-ku, Tokyo
Accès : Shinagawa Station (JR Lines) sortie Konan ou sortie Est
A pied cela prend 30 minutes mais il y a le bus n°99 à la sortie de la gare au terminal 8 qui va jusqu’au bureau. Descendre à l’arrêt « Tokyo Nyukoku Kanrikyoku-mae ».

La liste complète des bureaux est disponible sur le site de l’immigration.

A l’arrivée, il faut se diriger vers la section dédiée aux visas (dans les grands bureaux, c’est souvent au deuxième étage) puis se diriger au comptoir d’information (相談, Information Center) ou à la réception (受付) pour vérifier la présence de tous les documents avec passeport et carte de résident et si les formulaires sont bien remplis. Puis se rendre au guichet d’application (申請) pour remettre dossier, carte de résident et passeport. En échange, le demandeur du visa reçoit un ticket avec un numéro et la carte postale (ハガキ) qui sera envoyée au domicile une fois le dossier évalué.

Entre 30 minutes et deux heures d’attente, cela dépend de l’affluence, et le numéro est appelé. Le demandeur remet la carte postale complétée avec nom et adresse et il récupère son passeport avec une notice d’acceptation de la demande (申請受付票) mentionnant le numéro de dossier et expliquant que pendant son étude, il est possible de rester jusqu’à deux mois sur le territoire japonais, ainsi que la carte de résident tamponnée de la mention 在留期間更新許可申請中 (demande d’extension de la période de séjour en cours) indiquant donc que le statut est en cours de changement. Il ne reste plus qu’à attendre le verdict final !

Réception du Visa

Environ deux semaines après le dépôt du dossier, la carte postale (ハガキ) arrive à l’adresse qui a été renseignée lors du dépôt du dossier. En général, elle annonce la bonne nouvelle en indiquant de se présenter à l’immigration dans les deux semaines suivantes avec entre autres le timbre fiscal (収入印紙). Selon la demande et peut-être le bureau d’immigration, la durée du traitement du dossier peut-être plus longue, jusqu’à deux mois parfois !

Les timbres fiscaux (収入印紙) peuvent être achetés à la poste. Les grands bureaux d’immigration et sièges sociaux disposent en général de konbini dans lesquels on peut aussi en acheter exprès. Selon l’employeur, il est possible de négocier et que ce soit ce dernier qui règle les frais du timbre fiscal, et non le demandeur.

De retour au bureau d’immigration, le demandeur présente à la réception (受付) tous les documents requis, à savoir :

  • La carte postale (ハガキ) reçue à domicile
  • Le bon d’acceptation de la demande (申請受付票) qui a été agrafé au passeport
  • Le passeport (パスポート)
  • La carte de résident (在留カード)
  • Le timbre fiscal (収入印紙) à 4 000 ¥

Il reçoit un ticket et patiente en général 30 minutes environ avant de récupérer sa nouvelle carte de résident. La durée de la période de validité ne répond pas toujours au souhait du demandeur et peut dépendre de beaucoup de critères : en premier le type d’activités, puis la durée du contrat de travail, le nombre d’années passées à habiter et travailler au Japon, l’expérience professionnelle, les diplômes… Les deux premiers visa travail sont susceptibles de ne durer qu’un an seulement avant de passer à trois ans ou encore cinq ans.

Kimi témoigne

J’ai reçu le sésame pour étendre mon aventure nippone : un Visa Travail ! Ce qui me permet donc de travailler à temps pleins, et de me poser pour minimum une année supplémentaire ! Préparation du dossier, se rendre à l’immigration pour le déposer et récupérer la nouvelle carte trois semaines après. Un soulagement car il parait que le premier est le plus difficile à avoir.

Donc ​7 juin 2016 rendez-vous au bureau d’immigration de Tokyo pour déposer mon dossier pour le visa. Je suis arrivée à 8h00 et il y avait déjà la queue aux portes pour l’ouverture à 8h30. A l’ouverture, il faut se tenir prêt à courir car tout le monde bouscule et fonce à toute allure pour être le premier ! On dirait des accro du shopping le premier jour des soldes !

Je me suis dirigée à la section B pour les applications au changement de statut et les dépôts de dossier, située au deuxième étage. J’ai couru pour arriver dans les 15 premières personnes ! J’ai pris un ticket et j’ai d’abord fait une vérification de mon passeport, ma carte de résident et que mon dossier était bien complet.

Puis on attend 9h00 que les bureaux ouvrent. C’est allé assez vite. Quand le numéro du ticket s’affiche, il faut se présenter au comptoir. Au moment de mon passage, à nouveau vérification du dossier et j’ai rempli la carte postale. Enfin, on m’a donné un reçu avec mon numéro de dossier et ma carte de résident, elle a reçu un tampon justifiant du changement de statut en cours de réalisation. A 9h20, c’était terminé !

La réponse est arrivée entre trois et quatre semaines après. J’ai bien reçu la carte postale indiquant d’apporter les documents cités ainsi que les timbres fiscaux. Je me suis donc dit que c’était dans la poche. Donc c’est reparti pour un petit tour au bureau d’immigration ! ​29 juin 2016, 7h55 arrivée au bureau d’immigration. Il y avait déjà une trentaine de personnes qui attendaient. A l’ouverture, je suis allée directement acheter mon timbre fiscal au Family Mart situé au rez-de-chaussée, qui est le seul konbini du coin à en fournir (eh oui, je pensais que ça se trouvait dans tous les konbinis, en fait non).

Ensuite, direction cette fois la section A pour le retrait des visas. En arrivant tôt et comme on peut entrer à partir de 8h30, ça va assez vite et à peine les bureaux ouverts à 9h00 on peut déjà donner les documents. J’ai pu rapidement remettre les miens et à 9h30 j’avais ma nouvelle carte entre les mains !

Je pensais que le bureau reprendrait mon ancienne carte de résident, mais finalement ils me l’ont aussi rendue avec un trou dedans en me disant de la jeter moi-même. Sauf que moi, j’ai préféré la garder en souvenir !

Voilà, mission accomplie ! Et l’aventure continue !

Vocabulaire

在留期間 (ざいりゅうきかん – zairyū kikan) = période de séjour
更新 (こうしん – kōshin) = mise à jour, renouvellement
パスポート (pasupooto) = passeport
在留カード (ざいりゅうかーど – zairyū kaado) = carte de résident
証明写真 (しょうめいしゃしん – shōmei shashin) = photo d’identité
労働契約書 (ろうどうけいやくしょ – rōdō keiyakusho) = contrat de travail
退職証明書 (たいしょくしょうめいしょ – taishoku shōmei-sho) = certificat de travail
収入印紙 (しゅうにゅういんし – shūnyūinshi) = timbre fiscal
申請受付票 (しんせいうけつけひょう) = bon d’acceptation de la demande
ハガキ (hagaki) = carte postale


Plus de vocabulaire dans Cours de Japonais.
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▶ You don’t know who I am : Le sceau japonais, Hanko (判子)

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Il est votre signature dans les pays asiatiques comme la Chine, la Corée et le Japon, le sceau, dit 密封 (, sceau) ou 印 (yìn, empreinte du sceau) en chinois, 도장 (dojang) ou 인감 (ingam) en coréen, 判子 (hanko) ou 印鑑 (inkan) en japonais, indispensable pour certaines tâches administratives et pour signer tous les actes officiels. Notre signature manuelle que l’on applique tous dans notre cher pays d’occident est très peu utilisée en Asie. En effet, les sceaux demeurent d’une grande importance en Extrême-Orient si bien que les expatriés qui y font fréquemment des affaires doivent se voir attribuer le leur pour les raisons citées plus haut.

Kimi faisant partie de ces expatriés, a fait elle aussi fabriquer son propre sceau et elle vous explique tout dans cet article !

※ Qu’est-ce que le Sceau ? (判子とは何ですか。)

C’est une forme d’identification graphique utilisée pratiquement depuis l’invention de l’écriture, et utilisée par les empereurs de Chine d’abord, puis de Corée et du Japon.

Les sceaux d’Extrême-Orient portent généralement le nom de la personne ou de l’organisation qu’ils représentent, mais ils peuvent aussi porter un décor symbolique, un poème, une devise personnelle, etc… Chacun est entièrement libre de choisir ce qu’il veut comme symbole pour se représenter. Ils existe plusieurs sceaux de taille et de style différents selon l’usage. Les sceaux sont gravés dans de multiples matières dures ou tendres, tels que la stéatite (pierre à savon), le bois, le bambou, la corne, le cristal, le jade, les pierres précieuses ou encore la cire perdue en cuivre, bronze, argent, or, etc… Pour une grande variation de son prix de fabrication !

L’autre matière importante qui va de paire avec le sceau en lui-même est l’encrage. C’est avec l’encre rouge que le sceau est appliqué. Il existe deux sortes d’encre rouge utilisées traditionnellement pour encrer les sceaux. Elles diffèrent par la nature des matériaux de base auxquels elles font appel :

  • à base de soie : la pâte rouge est faite de cinabre réduite en poudre très fine, mélangée avec de l’huile de ricin et des fragments de fils de soie. La soie lie ce mélange pour en faire une pâte très épaisse, ayant une apparence très huileuse d’une éclatante couleur rouge ;
  • à base de plante : la pâte rouge est faite de cinabre réduite en poudre très fine, mélangée avec de l’huile de ricin de l’armoise commune. La texture du mélange résultant apparaît peu homogène, car l’armoise n’est pas un liant. L’apparence a un aspect spongieux, et d’un rouge plus sombre. L’encre rouge à base d’armoise va tendre à sécher plus rapidement que celle faisant appel à la soie : en fonction du papier utilisé, la pâte à base d’armoise pourra sécher en 10 ou 15 minutes, et ce, d’autant plus que le papier est absorbant. Par ailleurs, ces encres à base de plante s’étaleront sur le papier plus que ne le ferait une encre utilisant de la soie, l’armoise n’ayant pas les mêmes propriétés liantes que la soie.

Quelle que soit sa nature, la pâte rouge est conservée fermée dans son contenant d’origine, et gardée dans un environnement protégé du rayonnement direct du soleil et des fortes chaleurs, pour lui éviter de sécher.

Cela peut paraître simple aux premiers abords mais détrompez-vous ! L’application du sceau est un art parfois difficile à maîtriser, mais c’est particulièrement pour les œuvres d’art quand le support est une matière bien particulière ! Lors de l’application du sceau sur le papier, la procédure différera selon s’il s’agit d’une encre à base de soie, ou d’une encre à base de plante : dans le premier cas, on appliquera le sceau avec une forte pression, le papier posé sur une surface souple, et en basculant le sceau d’avant en arrière et de gauche à droite. Dans le cas d’une encre à base de plante, on n’utilisera qu’une pression légère. Le sceau sera alors retiré du papier en commençant par un côté, car un retrait vertical du sceau pourrait créer un arrachement du papier. Enfin, après application du sceau, on peut permettre un séchage plus rapide de l’encre en utilisant un buvard ; mais cela risque de faire baver l’empreinte du sceau. Parfois, selon la texture du papier ou son grammage, il sera nécessaire d’humidifier très légèrement celui-ci pour l’assouplir,  retenir la couleur et équilibrer sa tonalité.

※ Le sceau japonais (判子)

Hanko (判子) ou Inkan (印鑑, l’empreinte du sceau, mais souvent utilisé comme synonyme de hanko) désignent le sceau utilisé au Japon. Il est aussi bien utilisé par les particuliers que les entreprises, pour signer ou valider tout type de document. Un exemple très caractéristique de hanko se trouve sur les billets de banque émis par la Banque du Japon. Il y en a également sur des estampes japonaises.

La première apparition du sceau au Japon remonte à l’an 57 : c’est un hanko en or massif, accordé à un envoyé japonais en Chine par le souverain de la dynastie Han. Tout d’abord, seuls l’Empereur et ses vassaux les plus fidèles détenaient des hanko, car ils étaient un symbole de l’autorité de l’Empereur. Les nobles commencèrent à utiliser leur propre hanko après 750, et les samouraïs reprirent cet usage au cours du Moyen-Âge. C’est une loi adoptée au début de l’ère Meiji (1868-1912) établissant un système national d’enregistrement et de certification qui permet aux hanko personnels de devenir largement utilisés.

Au Japon, il est possible de faire authentifier et enregistrer son hanko par des services administratifs, pour s’en servir ensuite de façon officielle pour signer tous types de documents. En règle générale, c’est de l’encre de couleur rouge qui est utilisée pour encrer le hanko. Le hanko peut être en différents matériaux : bois, pierre, corne de buffle, et à différents prix. Des magasins lui sont spécialement dédiés. Le cadre de l’inkan peut être ovale, rond, ou carré et de toutes dimensions.

De façon plus précise, il existe aujourd’hui au Japon quatre types de sceaux personnels, par ordre décroissant de formalisme :

  •  jitsu in (実印) : sceau officiel nécessaire pour conclure des affaires ou toute autre activité importante ou entraînant un engagement juridique (achat d’une voiture, d’un terrain, mariage…) ;
  • ginko in (銀行印) est utilisé spécifiquement pour la banque (ginko veut dire « banque »). Le relevé des transactions bancaires d’une personne contient une impression originale du ginko de cette personne, à côté du sceau d’un employé de la banque. Les règles concernant la taille et la forme du ginko peuvent varier d’une banque à l’autre ; en général, le ginko doit comprendre le nom japonais complet de la personne ; un occidental pourra être autorisé à utiliser son nom de famille complet, avec ou sans le prénom, celui-ci pouvant ou non être remplacé par une simple initiale ;
  • mitome in (認印) est un sceau ayant un caractère officiel encore amoindri, utilisé pour retirer des colis postaux par exemple, ou encore signer des notes internes dans une entreprise, ou pour toute autre activité quotidienne n’impliquant pas un réel problème de sécurité des transactions ;
  • gago in (雅号印) est utilisé par les artistes pratiquant un art graphique pour décorer et signer leurs œuvres. C’est là une tradition qui existe depuis plusieurs siècles. Ces signatures sont fréquemment des noms d’artiste ou des surnoms. Les décorations sont souvent de très courtes phrases ou des slogans choisis par l’artiste. Une très grande liberté existe au niveau de la forme, de la taille, du matériau et du graphisme du gago in.
※ Créer un sceau japonais (判子の作り方)

Pour des raisons administratives, en premier la création de mon nouveau compte en banque (à venir dans un prochain article), il m’a été imposée de créer mon propre sceau. Mais alors comment procéder ? Je vous explique !

Ce n’est pas très compliqué, vous vous rendez chez un artisan, vous dessinez l’inkan (印鑑) que vous souhaitez avoir, vous choisissez quel type d’hanko (判子) vous désirez, quelle matière, quelle taille et aussi le petit boitier pour le ranger avec l’encre. L’opération prend environ quinze minutes pour un hanko basique. J’ai fait ma commande à 9h45 et mon hanko était prêt à 10h00 !

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J’ai été demander la création de mon hanko dans cette boutique située à Koenji, car c’était juste en face de ma banque !

Hanko-ka Ichiban はんこ家一番高円寺店
Adresse : 2-41-16, Koenji Kita, Suginami, Tokyo
Accès : Koenji Statio (Chuo Line, Ome Line) sortie nord

Pour le mien, j’ai choisi de mettre mon prénom en Katakana et j’ai opté pour un petit sceau en matière plastique et j’ai choisi un beau boitier rose ! C’est bien classe je trouve haha ! Le prix : comptez 800 yens pour la création de l’inkan et 1200 yens pour le boitier avec l’encre, même si dans la plupart des endroits où il est nécessaire de l’utiliser, comme à la banque, on vous prête l’encre pour pouvoir signer… ou tamponner -lol-

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C’est désormais mon empreinte ici. Dès que je dois signer, je sors mon petit hanko avec fierté devant les japonais qui s’étonnent « Oh vous possédez un hanko, c’est bien n’est-ce pas ! » même si je ne maîtrise pas encore parfaitement le geste. Souvent mon empreinte n’apparaît pas entièrement du premier coup et je dois recommencer (et bien viser pour éviter de faire du gros caca tout rouge :’D).


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▶ What I’ve done : Être volontaire pour des essais cliniques au Japon

Lock Up, Shibuya – Août 2014 Le rapport avec l’article ? Les béchers me rappellent le monde médical haha.

Je suis venue au Japon avec l’intention de tout tenter, et ce jusqu’à me rendre à… l’hôpital, un des endroits que je préfère pourtant le plus éviter ! Mais cette fois, je ne m’y suis pas rendue parce que j’étais malade ni pour rendre visite à un malade, mais pour participer à des… essais cliniques. Au Japon, pour les étrangers, c’est possible aussi !

Alors les essais cliniques… Oui c’est toute une histoire, il y a des risques, on peut s’en sortir avec des séquelles… Bla bla bla. Je suis au courant et je n’ai pas besoin qu’on me fasse la morale. Ma mère me l’a déjà faite quand je lui ai annoncé ma participation, merci j’ai compris les risques et je les ai bien pris en compte avant de me lancer. Et je ne fais pas de cet article une incitation à vous lancer à votre tour (le choix vous revient, vous êtes grands hein), mais juste un simple partage d’expérience personnelle.

Pour cette histoire, je reviens à début novembre, quand j’ai reçu un mail m’invitant à venir participer aux pré-sélections pour un essai clinique de trois nuits sur un antibiotique dans une des cliniques de Tokyo. La première fois que j’avais entendu parler de ça, c’était via une invitation reçue sur GaijinPot. A la recherche de femmes de type européen à qui on verse une compensation à la fin du séjour, j’ai décidé de répondre oui. Participer à des essais cliniques ; c’est peut-être risqué, mais j’y ai aussi vu un moyen de me rendre utile, d’aider la médecine à évoluer et, je ne nie pas hélas, de gagner un peu d’argent. Je ne donnerai pas plus de détails sur le médicament en question ni l’hôpital.

Cet essai clinique s’est déroulé en plusieurs étapes. Bien entendu, il y a des restrictions à suivre et il faut être dans les conditions conformes à l’essai, au risque que vous soyez dégagé au cours d’une des étapes :

  1. Inscription par e-mail : on complète un questionnaire envoyé avec l’invitation que l’on renvoie par e-mail.
  2. Participation aux pré-sélections : explication des différentes étapes de l’essai, passage de premiers examens à l’hôpital
  3. Participation aux sélections : si vous êtes retenus, on vous invite à venir aux sélections, qui se traduit par une rencontre avec le médecin, des examens plus approfondis et la signature du formulaire de consentement après lectures des conditions détaillées et du programme de l’essai.
  4. Participation à l’essai clinique : on a été 15 personnes sélectionnés pour venir séjourner à l’hôpital. 10 ont reçu le médicament, les 5 autres étant des back-up au cas où les examens médicaux montraient des résultats non-conformes et qu’une personne n’était plus apte à participer.
  5. Visite de suivi quelques jours après l’essai clinique : derniers examens pour confirmer que tout est en ordre

Pour ma part j’ai été jusqu’à l’étape 4 haha. J’ai fini back-up et comme les 10 participantes étaient en norme, j’ai pu rentrer chez moi dès le deuxième jour avec une petite compensation. La raison ? J’ai apparemment du cholestérol (et son taux était hors des limites acceptables). Il a fallu que j’aille jusqu’à un essai clinique pour faire cette découverte ! Donc, oh inconsciente Kimi de te lancer là-dedans ! Mais le bon côté est que j’ai fait cette découverte ! Les médecins étaient assez surpris en voyant ma carrure. C’est vrai, un taux de cholestérol élevé c’est plutôt étonnant quand on pèse 47 kg, qu’on pratique une activité physique, et qu’on vit dans un pays comme le Japon où la nourriture est assez saine en partie. Merci les gènes. Une petite déception forcément, car à part ça, je remplissais toutes les conditions, j’étais en très bonne santé, avec jamais aucun séjour à l’hôpital pour une intervention ou un quelconque accident. Maintenant, je me sens obligée de surveiller mon alimentation, moi qui aime tellement la bouffe ici et qui aime avoir mes petits plaisirs en cochonneries, comme mes dorayaki ou mes crêpes achetées dans Takeshita Street T^T.

Me passer de tout ça vraiment ? Ca risque d’être dur !

Bref, passons. En me rendant dans cet hôpital, pour une fois, je n’avais pas ce sentiment de malaise. Les infirmières et médecins étaient très serviables et gentils. Les infirmières sont trop mignonnes, quand elles vous font une prise de sang, elles disent : « Nous sommes désolées, ça va piquer et faire un peu mal, gomennasai ! Gomennasai !! » (= Désolé). Pendant mon (très court) séjour à l’hôpital, on avait accès au Wi-Fi, on avait une TV, les lits étaient assez confortables (j’ai bien dormi) et les repas plutôt bons (et équilibré, ça a peut-être fait baisser un peu mon cholestérol, hahaha). Par moment, j’oubliais un peu que j’étais dans un hôpital.

C’est une expérience à risque certes, mais quand on veut tout tenter dans la vie, on y va. C’est le genre de choses qui va attirer les personnes munies d’un PVT ou d’un visa de résident permanent. Cela demande d’être disponible n’importe quand pendant plusieurs jours d’affilés.


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