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▶ Le Goshuin (御朱印)

Grand voyageur, grande voyageuse qui parcoure le Japon et effectue un arrêt dans les nombreux temples bouddhistes et sanctuaires shintoïstes du pays, vous connaissez sans doute l’existence du Goshuin (御朱印), l’empreinte du sceau de ces lieux sacrés. Souvenir original et typique, collectionnez-les et rassemblez-les dans un Goshuin-cho (御朱印帳), un carnet spécialement dédiés aux Goshuin.

Vous désirez en savoir plus ? Alors lisez la suite de cet article !

※ Qu’est-ce que le Goshuin ? (御朱印とは何ですか。)

Le Goshuin (御朱印) correspond à l’empreinte du sceau des temples bouddhistes et sanctuaires shintoïstes au Japon que les visiteurs et adorateurs peuvent recevoir. Cependant, il peut arriver que certains sanctuaires et temples n’offrent pas du tout ce service.

En japonais, ce terme se décompose en trois kanjis :
(go) : terme honorifique ajouté au début de mots « importants ». L’empreinte du sceau est considéré comme un objet sacré, il droit donc être mentionné et traité avec un grand respect
(shu) : vermillon, faisant référence à la couleur rouge vif tirant sur l’orangé de l’encre utilisée pour marquer le sceau
(in) : empreinte du sceau
En d’autre terme, le Goshuin représente la marque rouge sacrée de chaque temple bouddhiste et sanctuaire shintoïste.

Mais précisément, il ne s’agit pas d’une simple marque rouge comme l’Inkan (印鑑). Le contenu est un peu plus complexe et se compose en plusieurs parties : on retrouve à la fois des empreintes de sceau et de la calligraphie. De même, il diffère selon les temples et sanctuaires. Voici par exemple le Goshuin du temple Kongobu-ji (金剛峯寺), situé à Koyasan (高野山).

  1. 令和元年拾壱月拾七日 (17 novembre de la première année Reiwa) : Date de visite
  2. 遍照金剛 (Henjokongo) : autre nom de Kobo-Daishi Kukai (弘法大師空海), saint fondateur de l’école bouddhiste Shingon
  3. 金剛峯寺 (Kongobu-ji) : Nom du temple
  4. Empreinte du sceau du temple
  5. Empreinte du sceau du lieu où se situe le temple
  6. 奉拝 (Houhai) : terme signifiant « culte », « adoration », « vénération »
  7. यु (Yu) : caractère sanskrit exprimé pour Kobo-Daishi Kukai
  8. 高野山 (Koyasan) : Nom du lieu où se situe le temple

Autre exemple de Goshuin du sanctuaire Ikuta (生田神社) à Kobe (神戸), un peu plus simple.

  1. 令和二年二月一日 (1er février de l’année 2 Reiwa) : Date de visite
  2. 生田神社 (Ikuta Jinja) : Nom du sanctuaire
  3. Empreinte du sceau de l’emblème du sanctuaire
  4. Empreinte du sceau du sanctuaire
  5. 奉拝 (Houhai)

A l’origine, le Goshuin était remis aux pèlerins qui offraient un sha-kyo (写経, transcription manuscrite de soutra) aux temples. L’empreinte du sceau est considéré comme sacré étant donné qu’il représente l’image du temple. De nos jours, il est bien sûr possible d’obtenir un Goshuin sans avoir à offrir un sha-kyo.

※ Le Goshuin-cho (御朱印帳)

Pour rassembler et collectionner les Goshuin, il est préférable d’avoir un carnet dédiés à cet effet, le Goshuin-cho (御朱印帳). Les temples et sanctuaires refuseront d’y inscrire leur Goshuin dans tout autre type de cahier ou dans un carnet contenant des tampons commémoratifs, alors attention ! Le Goshuin-cho est aussi un objet sacré et doit être entretenu avec respect ! Retenez ces mots :

御朱印帳

御朱印には、お参りされた佛様の功徳を納めさせていただいております。
御朱印帳は大変神聖なものでございますので、スタンプ帳やノートは区別いただき、大切にお取り扱いください。」

 Carnet de Goshuin

Le Goshuin est dédié au mérite de la visite de la demeure de Bouddha.
Le carnet de Goshuin est un objet très sacré et différent d’un carnet de timbres ou d’un cahier quelconque alors manipulez-le avec soin.

※ Obtenir un Goshuin (御朱印をもらう)

Lorsque vous arrivez au sanctuaire ou au temple, assurez-vous d’abord de faire une petite offrande au saisenbako (賽銭箱, tirelire en bois situé devant la salle de culte Haiden, 拝殿) et de prier. Étant donné que le Goshuin est essentiellement une preuve de pèlerinage vers un site religieux, il est impératif d’au moins rendre hommage au temple ou au sanctuaire. De plus, si vous visitez un sanctuaire, assurez-vous de suivre les directives générales lorsque vous entrez dans les lieux du sanctuaire (s’incliner devant la porte torii avant d’entrer, se purifier les mains…).

Une fois cela fait, dirigez-vous vers la réception de Goshuin et remettez votre carnet, de préférence ouvert à la page que vous souhaitez tamponner. Si vous n’avez pas de carnet dédié aux Goshuin, on vous le remettra sur une feuille de papier distincte que vous pourrez coller plus tard. La plupart des Goshuin sont payants, le prix variant de 300 ¥ à 500 ¥. On vous remettra le plus souvent une plaque numérotée, puis on vous demandera d’attendre. Attendez patiemment sans parler ni consulter votre smartphone. Ne surtout pas manger ou boire ! Lorsque votre numéro est appelé, remettez alors votre plaque et le montant demandé (essayez de prévoir de la monnaie et évitez de payer avec des billets) et récupérez votre Goshuin.

C’est toujours une belle surprise d’ouvrir son Goshuin-cho et d’y découvrir l’empreinte fraîchement inscrite. Il arrive qu’on remette un papier qui en plus de permettre à l’encre de sécher et de ne pas tacher les autres pages du carnet, vous rappelle les règles de bon entretien et de respect envers votre Goshuin-cho, ainsi que des coupons de réduction et des prospectus sur le temple ou le sanctuaire visité.


Possédez-vous un Goshuin-cho ?
Combien de Goshuin avez-vous collecté jusqu’à présent ?

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▶ Stay Royal Tea : La cérémonie de thé (茶道)

La cérémonie du thé, art traditionnel inspiré en partie par le bouddhisme zen. En japonais, il est symbolisé par deux kanjis : 茶道 que l’on lit « chado » et qui signifie littéralement « la voie du thé ». En japonais, beaucoup d’arts traditionnels et arts martiaux japonais contiennent le kanji de « voie » (道) : judo (柔道), kendo (剣道), aikido (合気道)… Chado pour le thé fait aussi partie de cette catégorie. La cérémonie de thé suit tout un processus précis sur le mode d’une « voie » spirituelle. L’autre mot qui distingue l’art du thé est chanoyu (茶の湯) qui correspond particulièrement au thé servi dans de l’eau chaude, notamment en période hivernal. S’adapter aux saisons est important dans cette cérémonie !

A travers cet article, Kimi vous emmène sur la voie spirituelle du thé et vous explique son histoire, sa préparation et son déroulement !

Histoire (歴史)

Dans la cérémonie de thé, le matcha (抹茶) est utilisé : il s’agit d’une poudre très fine de thé vert moulu, qui a été broyée entre deux meules en pierre. Le matcha serait originaire de Chine et aurait été introduit au Japon au 12ème siècle. Les premières personnes à en boire furent les moines bouddhistes zen. La plupart des thés viennent des mêmes feuilles de thé mais leur processus de fabrication est différent : le matcha et le thé vert (緑茶, ryokucha) sont réalisés sans fermentation ni oxydation contrairement au thé noir (紅茶, kōcha) par exemple.

L’esprit de la cérémonie de thé (茶道の標語)

La cérémonie de thé repose sur quatre mots :
Harmonie (和, wa) : ouvrez votre cœur et entendez-vous avec les autres (open one’s heart and get along with one another)
Respect (敬, kei) : respectez-vous les uns les autres (respect one another)
Pureté (清, sei) : purifiez non seulement ce que l’on peut voir, mais aussi ce qui se trouve dans votre cœur (purify not only what one can see, but also what’s within one’s heart)
Tranquillité (寂, jaku) : gardez votre calme en toute situation (keep your calm in any situation)

Ces mots révèlent tout sur l’esprit du thé et on les doit à un grand maître en la matière : Sen no Rikyu (千利休). Non seulement suivre l’état d’esprit, pour cet homme qui a étudié en profondeur la cérémonie du thé, il faut avant tout y mettre tout son cœur. Quand il demandait à ses disciples si leur cœur était préparé pour la cérémonie de thé, ils répondaient « Je peux au moins faire ça. » On raconte donc que si quelqu’un peut le faire, il peut devenir un disciple. Cependant, un bon disciple se résumera aux points suivants. Voici les 7 commandements d’un bon disciple de la cérémonie de thé :

  • Réalisez un délicieux bol de thé : ayez l’attitude de vouloir tout mettre en œuvre pour faire du bon thé
  • Disposez le charbon de bois pour que l’eau bout rapidement : savoir ce qui est essentiel est important
  • Gardez la pièce fraîche en été et chaude en hiver : tenez compte des saisons est important
  • Disposez les fleurs au fur et à mesure qu’elles fleurissent dans la nature : respectez la vie qui vous est offerte par la nature
  • Soyez prêt en avance : soyez attentif au temps et faites-lui de la place
  • Soyez prêt en cas de pluie : vous devez pouvoir vous adapter à toute les situations
  • Tenez compte de vos invités : respectez les autres et profitez de ce moment ensemble car celui ne se produit qu’une seule et unique fois

Le septième commandement s’applique notamment dans la gestuelle, c’est-à-dire, l’inclinaison (おじぎ). Au moment de servir ou de recevoir le thé, il est obligatoire de s’incliner pour montrer le respect. A genoux, disposez à l’avant vos mains sur le sol de façon à former le chiffre huit en japonais (八), puis inclinez le corps vers l’avant. Il y a deux types d’inclinaison dans la cérémonie de thé :
– l’inclinaison formelle (真, shin) entre l’hôte et l’invité face-à-face : abaissez doucement les deux mains devant les genoux, déplacer naturellement le haut du corps et penchez-vous vers l’avant de façon à ce que les paumes touchent entièrement le sol sur les tatamis et que votre ventre touche vos genoux
– l’inclinaison informelle (行, ko) entre invités côte-à-côte : le dos droit, penchez-vous en avant et abaissez vos mains de jusqu’à ce que la deuxième articulation seulement touche le sol.

Ces gestes s’accompagnent de salutations (挨拶) :
– お先に (o saki ni, veuillez m’excuser de me servir en premier) : à dire à l’invité à côté de vous quand vous êtes servi avant lui
– お相伴いたします (o shōban itashimasu, je me joins à vous) : à dire à l’invité à côté de vous quand vous êtes servi après lui
– お点前頂戴いたします (o temae chōdai itashimasu, je vous remercie pour le thé) : à dire à l’hôte qui vous sert le thé

La voie du thé (茶道)

► Accueil

Le salon où se tient la cérémonie de thé (茶室) est en général implanté dans un jardin. Avant d’entrer on se purifie les mains et la bouche comme au sanctuaire et on entre par une petite entrée. A l’intérieur, les invités se dirigent alors vers le tokonoma (床の間) où ils admirent les parchemins, les calligraphies et autres décorations (objets d’art, plantes..). Puis, ils s’assoient dans la position seiza (正座« assise correcte », terme employé pour désigner la façon traditionnelle compassée de s’asseoir au Japon) par ordre de prestige.

Il arrive qu’il y ait un premier rassemblement (茶事) durant lequel un repas léger et simple, appelé kaiseki (懐石) ou chakaiseki (茶懐石) est servi aux invités, suivi par une dégustation de saké (日本酒). Si il n’y a pas de rassemblement, l’hôte procède directement à la cérémonie.

► Préparation : les indispensables ustensiles

Tous les objets de la cérémonie du thé sont entretenus avec une précaution exquise. Ils sont scrupuleusement nettoyés avant et après chaque utilisation et avant leur rangement. Même si ils sont déjà propres avant l’arrivée des invités, le lavage des ustensiles est quand même réalisé devant eux par politesse. Ces ustensiles sont les suivants :

  • chawan (茶碗) : bol utilisé pour la préparation et la consommation du thé
  • chakin (茶巾) : toile blanche et rectangulaire de lin utilisée pour le rituel du nettoyage du bol
  • chasen (茶筅) : fouet pour mélanger le thé en poudre dans l’eau
  • chaki (茶器) : pot contenant le thé en poudre, il en existe deux types selon la matière avec laquelle ils sont fabriqués (natsume (棗) pour les pots en bois ou bambou et cha-ire (茶入) pour les pots en céramique)
  • chashaku (茶杓) : cuillère à thé
  • fukusa (袱紗) : carré de soie utilisé pour le nettoyage symbolique du chashaku et du chaki, ainsi que pour manipuler le couvercle de la bouilloire chaude
  • hishaku (柄杓) : longue louche en bambou utilisée pour transférer l’eau du et vers les pots en fer et les récipients d’eau fraîche
  • kaishi (懐紙) : papier utilisé pour placer la nourriture (des sucreries japonaises qui accompagnent le thé) et essuyer les doigts que l’on porte plié et coincé dans la poche de poitrine du kimono

► Déroulement de la cérémonie

La cérémonie peut commencer. L’hôte procède au nettoyage des ustensiles dans un ordre déterminé et en utilisant des gestes très précis. Les ustensiles sont placés dans l’ordre exact de rangement en accord avec la préparation qui suivra. Lorsque les opérations de nettoyage et de préparation des ustensiles sont terminées, l’hôte introduit deux cuillères de poudre de thé avant d’y ajouter l’eau (chaude ou froide selon la saison). Puis il mélange avec le fouet. Sans l’enfoncer entièrement dans le bol, le fouet est trempé de façon à immerger environ 0.5 à 1 cm et est agité de gauche à droite pendant plusieurs allers-retours. Lors de la manipulation, l’hôte fait volontairement du bruit car le son de l’eau s’accorde à l’atmosphère pure et tranquille que reflète la cérémonie de thé.

Pendant que le thé est en cours de préparation, les douceurs sont apportées aux invités. Ce sont souvent des sucreries japonaises. On distingue deux types :
omogashi (主菓子, sucreries principales) : pâtisserie copieuse traditionnelle wagashi (和菓子), différente selon les saisons (mochi, manju, dango, ohagi…), servis avec le thé épais
higashi (干菓子, sucreries sèches) : petits bonbons secs et très sucrés de couleurs différentes selon les saisons et représentant des fleurs ou autre symbole associé à la saison, servis avec le thé fin

Lorsqu’on les apporte et qu’on leur propose de se servir en disant « お菓子をどうぞ » (okashi wo douzo, veuillez vous servir s’il vous plaît), les invités s’inclinent et répondent « お菓子を頂戴いたします » (okashi wo chōdai itashimasu, je vous remercie pour les sucreries). Il faut ensuite dire « お先に » (o saki ni, veuillez m’excuser de me servir en premier) à la personne qui se trouve après, prendre le plateau en face de soi avec les deux mains, le soulever légèrement pour exprimer ses remerciements, le reposer, s’incliner à nouveau et prendre une sucrerie pour la poser sur le kaishi. Enfin, le plateau est passé à l’invité suivant. La sucrerie est consommée avant de recevoir le thé.

Le thé enfin prêt, c’est le moment de le recevoir. Le bol est placé face à l’invité à l’intérieur de la bordure du tatami. Chaque invité s’incline et dit « お点前頂戴いたします » (o temae chōdai itashimasu, je vous remercie pour le thé), et prend le bol de thé dans ses mains. Il faut le poser sur la main gauche, prendre le temps de l’admirer et le tourner deux fois dans le sens des aiguilles d’une montre de deux heures à quatre heures avec la main droite, boire le thé en trois gorgées. Une fois terminé, il faut essuyer l’endroit où on a bu avec son pouce et essuyer son pouce avec le kaishi, tourner dans le sens inverse des aiguilles d’une montre de quatre heures à deux heures et reposer le bol cette fois à l’extérieur de la bordure du tatami.

L’hôte demande alors aux invités si ils désirent encore du thé et nettoie les ustensiles Les invités quittent la maison du thé, l’hôte les saluant de la porte, mettant ainsi fin à la cérémonie. Une cérémonie de thé peut durer entre une et cinq heures, selon le type de repas et de thé servis.


Avez-vous déjà participé à une cérémonie de thé ?
Quelles furent vos impressions ?


♫ Un article = Une chanson ► Fall Out Boy – Stay Frosty Royal Milk Tea

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► Bon Voyage : Le Franponais

La perle de Daiso, Busan (Corée du Sud)

La perle de Daiso, Busan (Corée du Sud)

C’est bien connu, le franponais (mot-valise composé de français et japonais, désignant l’utilisation souvent malencontreuse de mots français par les japonais) est très présent ! On le retrouve énormément dans des domaines relatifs à l’image de la France, que ce soit la mode, la cuisine, la coiffure ou la pâtisserie. Le français apparaît surtout à l’écrit sur les enseignes des magasins, les T-shirts, les menus des restaurants…

Coucou, Nagoya

Coucou, Nagoya

Pause Café, Kyoto

Pause Café, Kyoto

Je me rappelle qu’une amie m’avait refilée un bouquin contenant certaines « perles » de franponais, et pour certains, c’était bien drôle ! En habitant ici, j’ai bien remarqué que je voyais pas mal de franponais un peu partout où j’allais. Et pas qu’au Japon, mais aussi en Corée (on dit du franréen ou du coréçais dans ce cas-là ? -pan-) C’est pourquoi à mon tour, j’ai décidé d’en capturer des clichés et de vous les montrer ici. Certains sont drôles d’autres moins, certains ont de belles fautes, d’autres non, bref, voici tout ce que j’ai pu trouver :D !

Dans un restaurant, Matsumoto

Dans un restaurant, Matsumoto

Rafraîchir, c’est se sentir comme une toute nouvelle personne ! Si je l’enseigne à mes étudiants, comprendront-ils ?

Ton ami, entre Tokyo et Nagano

Ton ami, entre Tokyo et Nagano

Sur la route, tu n’es jamais seul(e) ! TON AMI est toujours là pour toi !

Grande Dieu Poule, Osaka

Grande Dieu Poule, Osaka

Ou Grand Déesse Coq ?! Ici on a encore du mal à différencier masculin et féminin…

/!\ Cet article sera régulièrement mis à jour ;) !

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♫ Un article = Une chanson ► ONE OK ROCK – Bon Voyage

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▶ Tanabata (七夕🎋)

Le 7 juillet, non ce n’est pas le jour du Roi des Démons comme pourraient le croire les personnes qui ont trop lu ou regardé NANA, mais plutôt le jour de la fête du Tanabata (七夕🎋🌌) ! Avez-vous remarqué peu avant cette date des branches de bambous feuillues devant les habitations, les écoles ou les magasins sur lesquelles sont accrochés des bouts de papiers avec des mots écrits dessus ? Ce n’est pas pour rien, c’est pour célébrer la fête du Tanabata !

Tanabata : une belle histoire (七夕、美しい物語)

Tanabata (七夕, littéralement « la septième nuit ») est la célébration annuelle des étoiles japonaise, qui pioche son origine dans la fête des étoiles chinoise Qīxī. Tanabata, c’est avant tout une légende, une histoire touchante, celle d’Orihime (織姫/織女, étoile de Vega) et Hikoboshi (彦星, étoile d’Altaïr), également appelés le Bouvier et la Tisserande. Tous deux viennent de deux mondes différents, ils sont très amoureux mais leur amour les empêche de remplir leurs propres tâches dans leur monde respectif. C’est pourquoi Dieu les a séparés par la Voie Lactée (天の川, une rivière d’étoiles qui traverse le ciel). Mais l’amour des deux amants séparés est si fort et les pleurs incessants que seulement une fois par an, le septième jour du septième mois lunaire du calendrier luni-solaire, Orihime et Hikoboshi sont autorisés à se rencontrer sur la Voie Lactée.

Tanabata : une charmante tradition (七夕、素敵な伝統)

Habituellement, on célèbre le Tanabata le 7 juillet, juillet étant le 7ème mois de l’année. Cependant, si on se fie au calendrier luni-solaire, le 7ème jour du 7ème mois tombe plus aux alentours du mois d’août que du mois de juillet. De ce fait, certaines régions du Japon célèbrent le Tanabata le 7 août.

La coutume veut que l’on élève des branches de bambou feuillues (笹の葉) dans les jardins et dans les rues, et que les personnes écrivent des poèmes, quelques mots ou des souhaits (お願い) sur des tanzaku (短冊, petite carte verticale utilisée à l’origine pour écrire des poèmes) ou des longues bandes de papier colorés qui sont nouées aux feuilles de bambou. Beaucoup de japonais profitent aussi de cette fête pour porter le yukata. On dit qu’Orihime et Hikoboshi feront que les vœux deviennent réalité. Après avoir été décoré, vers minuit ou le jour suivant l’arbre en bambou est jeté dans un fleuve ou brûlé pour que les vœux se réalisent.

La fête du Tanabata est célébrée depuis l’ère Edo avec des rituels shinto. De nos jours, on s’intéresse moins à ces rituels mais la coutume d’accrocher les vœux demeure dans des temples, parcs ou encore les rues commerçantes. A Tokyo, il y a par exemple celle du temple Zojoji (増上寺) ou bien celle de la rue commerçante du quartier d’Asagaya (阿佐谷商店街). Ceci dit, l’une des plus célèbres fêtes du Tanabata reste sans doute le festival du Tanabata de Sendai (仙台七夕) qui se déroule du 6 au 8 août.

Enfin, ceux qui ont la possibilité de se procurer des branches de bambou feuillues (笹の葉) et des tanzaku (短冊) peuvent célébrer la fête à domicile ! Dans les écoles maternelles également, on ne manque l’occasion de fêter le Tanabata ! Environ une semaine avant, on va élever dans l’enceinte des écoles les branches de bambou auxquelles chaque enfant va y accrocher son vœu écrit sur un tanzaku.

• Zojoji Tanabata Matsuri (増上寺七夕祭り)

La fête du Tanabata au temple Zojoji (増上寺) emmène littéralement ses visiteurs pour un voyage parmi les étoiles. Passé l’entrée principale du temple, pas moins de 3700 lanternes sont posées au sol, symbolisant la voie lactée. Vêtu ou non d’un yukata, chacun est invité à aller prier et écrire son vœu sur un tanzaku pour ensuite l’accrocher à une branche de bambou.

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Zojoji Tanabata Matsuri (増上寺七夕祭り)
Dates : 6 & 7 juillet (9h à 21h)
Lieu : Zojoji Temple (増上寺)
Adresse : 4-7-35 Shiba-Koen, Minato-ku, Tokyo (東京都港区芝公園4-7-35)
Accès : Daimon Station (Asakusa Line, Oedo Line) sortie A6, Shiba-koen (Mita Line) sortie A4
Site internet : https://www.zojoji.or.jp/event/ev_tanabata.html
Facebook : zojoji | Instagram : @zojoji_enzan1393_official | Twitter : @zojoji_official
Youtube増上寺公式チャンネル

• Décoration Tanabata au Parc Yamadaike (山田池公園七夕飾り)

Au parc Yamadaike (山田池公園) situé dans la préfecture d’Osaka (大阪府), pas de fête de prévue mais les visiteurs peuvent venir y écrire leurs vœux pendant une semaine. Si ils le souhaitent, ils peuvent en plus repartir avec une branche de bambou feuillue. Une occasion de célébrer en plus la fête chez soi avec une petite décoration.

Décoration Tanabata (七夕飾り)
Dates : du 1 au 6 juillet
Lieu : Yamadaike Park (山田池公園)
Adresse : 1-1 Yamadaike Park, Hirakata, Osaka (大阪府枚方市山田池公園1−1)
Accès : Deyashiki Bus Stop (Keihan Bus 18, 20)
Site internet : https://yamadaike.osaka-park.or.jp
Facebook : yamadaike park | Instagram : @yamadaikepark

• Asagaya Tanabata Matsuri (阿佐ヶ谷七夕祭り)

Le quartier d’Asagaya (阿佐ヶ谷), situé dans la partie ouest de Tokyo fait partie des endroits du Japon où on célèbre le Tanabata en août. Le festival du Tanabata d’Asagaya (阿佐ヶ谷七夕祭り) s’étend sur plusieurs jours jusqu’au 7 août. On y retrouve des décorations réalisées par les propriétaires des magasins et des stands de nourritures et boissons.

La tradition perdure depuis plus de 60 ans et son lancement a été décidé afin d’attirer davantage de visiteurs dans la rue commerçante malgré l’été très chaud et difficilement supportable, alors qu’à l’époque les climatiseurs étaient encore très rares.

Dans la rue commerçante Pearl Center (パールセンター商店街), dont l’entrée se situe près de la gare, ou encore dans l’avenue Suzuran (すずらん通り商店街), les banderoles cylindriques appelées fukinagashi (吹き流し) réalisées en papier japonais bruissent agréablement, procurant une douce sensation de fraîcheur alors qu’on tente de survivre à la forte chaleur de l’été.

Des décos multicolores en tout genre, représentant le plus souvent des personnages de films d’animations, appelés haribote (はりぼて) sont suspendues au plafond et reflètent la bonne humeur et la vivacité de leur créateur, les commerçants. Ces derniers mettent également en vente leurs meilleurs produits sur des stands, organisent de petits événements tels que des animations et des jeux pour enfants et vendent de la nourriture et des boissons. C’est plus d’une centaine de magasins qui se mobilisent pour rendre le festival exceptionnel auquel des milliers de visiteurs se joignent chaque jour.

On peut faire des achats, manger et s’amuser tout en parcourant la longue rue jusqu’au bout et ainsi se souhaiter les meilleurs vœux, la santé, la longévité et la réussite, qu’elle soit professionnelle ou personnelle.

Asagaya Tanabata Matsuri (阿佐ヶ谷七夕祭り)
Dates : du 3 au 7 août (10h à 22h)
Lieu : Asagaya Pearl Center (阿佐ヶ谷パールセンター)
Adresse : Asagaya Minami, Suginami-ku, Tokyo (東京都杉並区阿佐谷南)
Accès : Asagaya Station (JR Chuo Sobu Line, JR Chuo Line Rapid) sortie sud
Site internet : http://www.asagaya.or.jp/tanabata/tanabata.html

Célébration du Tanabata : Kimi témoigne 

La première fois que j’ai entendu parler du Tanabata, c’était en lisant le manga NANA (eh oui tout a commencé avec ça, j’ai des super références). J’avais vraiment envie de voir à quoi ressemblait cette fête en réalité. Lors de ma première année en PVT en 2015, grâce à la guest house où je travaillais, j’ai appris qu’une fête du Tanabata se tiendrait justement le 7 juillet au temple Zojoji. J’avais donc proposé à des amies japonaises d’y aller. Cette fête était aussi l’occasion pour moi de porter mon yukata.

Je n’avais pas trouvé de meilleurs endroits que les toilettes, désolée !

Nous nous étions donc rendues au temple Zojoji, pour le Tanabata Festival aux alentours de 19 heures. Pour infos, à 19 heures il fait déjà nuit au Japon. Donc en arrivant, nous avions pu voir toutes les lanternes éclairant l’enceinte du temple Zojoji avec en arrière plan la tour de Tokyo illuminée. Comme le veut la tradition, nous avions écrit nos vœux sur un tanzaku avant de les accrocher à une branche de bambou.

Chose qui n’a pas grand chose à voir avec la fête du Tanabata, mais je me rappelle que pour terminer la soirée, nous étions allées manger près du temple, dans un restaurant de sushis. Des sushis en tout genre (des makis et nigirizuhis au saumon, thon, crevette, omelette, tous avec du wasabi dedans), des tempuras et d’autres spécialités que je connaissais pas, comme les boulettes aux crevettes et du tofu frit et mariné au miso. Voilà tout ce qu’on s’est mis sous la dent !  美味しかった♡ !

Ce fut une très bonne soirée de passée pour mon premier Tanabata et la parfaite occasion de porter mon yukata !

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Avez-vous déjà célébré le Tanabata ? Vos vœux se sont-ils réalisés ?